Des familles de détenus islamistes manifestant au rond-point de Bebnine–Abdé, au Liban-Nord, le 31 octobre 2025. Photo fournie par Michel Hallak
Des familles de détenus islamistes ont organisé vendredi des manifestations au Liban-Nord et dans la Békaa pour réclamer une amnistie générale.
À l’intersection Jeb Jenine-Kamed al-Loz, dans la Békaa-Ouest, elles ont tenu un sit-in pour demander la libération des détenus islamistes, selon notre correspondante sur place Sarah Abdallah. Des banderoles appelant à une amnistie générale ont été déployées et l’un des participants, le cheikh Mohammad al-Ali, a mis en garde les responsables en affirmant qu’ils « pourraient connaître le même sort que l'ancien régime syrien et être tenus pour responsables de leurs actions ».
Le régime de Bachar el-Assad avait été renversé en décembre 2024 par une coalition rebelle conduite par le groupe islamiste Hay'at Tahrir al-Cham, dont le chef Ahmad el-Chareh est devenu président de la Syrie en janvier.
Un autre participant au sit-in, Omar Hammoud, a déclaré que « les islamistes détenus n’ont pas été jugés et ne sont pas des prisonniers politiques, ils doivent donc être libérés immédiatement ». « Il est inacceptable de les échanger contre d’autres détenus accusés de collaboration ou d’affaires liées à la drogue », a-t-il ajouté.
Les proches de détenus manifestent depuis plusieurs années au Liban pour réclamer la libération de leurs proches. La question de l'amnistie générale est généralement repoussée par les autorités pour des raisons politiques et communautaires, chaque communauté au Liban réclamant l'amnistie pour des membres en lien avec différents dossiers polémiques.
Au Liban-Nord, un sit-in a été organisé après la prière du vendredi au rond-point Bebnine-Abdé, à l’entrée sud du Akkar, selon notre correspondant dans la région, Michel Hallak. Les manifestants ont réclamé une résolution rapide de l'affaire des détenus islamistes, l’accélération de leurs procès et une amnistie générale. L’événement a été suivi par le député Walid Baarini, ainsi que par des personnalités publiques et des religieux. Les forces de sécurité étaient présentes pour encadrer les protestataires et maintenir l’ordre.
Selon des chiffres obtenus par L'Orient-Le Jour en février auprès du ministère de l’Intérieur, 50 % des détenus au Liban n’ont toujours pas été jugés. Concernant les islamistes, 55 % d’entre eux sont maintenus en prison sans décision judiciaire. Mohammad Sablouh, avocat chargé de la défense de plusieurs d’entre eux, indiquait en février qu'il y aurait 350 détenus islamistes en tout, dont 180 libanais et 170 syriens.
Récemment, des responsables syriens et libanais ont examiné le sort des détenus syriens dans les prisons libanaises, une question devenue centrale depuis l’arrivée au pouvoir à Damas de la coalition d’Ahmad el-Chareh.

