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En Amérique latine, Trump cherche à imposer sa loi


Une photo du président américain Donald Trump est accrochée à l’entrée du bâtiment fédéral Jacob K. Javitz, à New York, le 29 octobre 2025. Photo Timothy A. Clary/ AFP

Pour un président américain qui a pu dire lors d'un discours remarqué à Ryad en mai dernier être contre les « donneurs de leçons » ou « les interventionnistes », l'Amérique latine semble offrir un saisissant contre-exemple.

Donald Trump faisait bien sûr référence au Moyen-Orient, mais depuis son retour au pouvoir en janvier, il tente d'étendre son influence en Amérique latine, y maniant une politique de la carotte et du bâton qui plonge le continent sud-américain dans l'incertitude.

Il s'est immiscé dans la politique intérieure de plusieurs pays, comme le Brésil, la Colombie et l'Argentine, tandis que le déploiement d'une armada dans les Caraïbes interroge sur une possible intervention militaire des États-Unis au Venezuela afin de renverser son dirigeant honni, Nicolas Maduro.

Le président américain justifie ce déploiement en raison du « conflit armé » qu'il a ordonné contre les cartels de la drogue, qualifiés d'organisations « terroristes ».

Mais, selon le sénateur démocrate Mark Kelly, qui s'exprimait dimanche sur la chaîne ABC, « on ne déplace pas un groupe de combat depuis son emplacement initial jusqu'aux Caraïbes à moins d'avoir l'intention d'intimider le pays (...) ou de mener des opérations militaires au Venezuela ».

D'autant que Donald Trump a dit avoir approuvé des opérations clandestines de la CIA au Venezuela et il n'a pas exclu des frappes terrestres.

« Jardin » de l'Amérique

Or, l'Histoire n'est pas tendre avec les interventions américaines sur le continent sud-américain, dont le fiasco de l'opération « Baie des Cochons » à Cuba en 1961 qui visait à renverser Fidel Castro.

À certains égards, le président américain semble faire resurgir la vieille doctrine Monroe, du nom du président James Monroe dans les années 1820 qui avait vu les États-Unis asseoir leur hégémonie face aux Européens dans ce qu'ils considéraient être le « jardin » de l'Amérique.

Dès les premiers jours de sa présidence, Donald Trump s'en est pris au Panama, menaçant de prendre le contrôle du canal éponyme, au nom de son programme de « l'Amérique d'abord » et pour contrer l'influence de la Chine.

Puis, sont venues les pressions, à coup de menaces de droits de douane notamment, sur des pays alliés (ou non) pour accepter des migrants expulsés des États-Unis dans le cadre de sa lutte contre l'immigration clandestine, avec une première crise diplomatique avec Bogota.

Dans les mois qui ont suivi, le président américain a dénoncé une « chasse aux sorcières » visant l'ex-président d'extrême droite brésilien Jaïr Bolsonaro, condamné pour tentative de coup d'État, provoquant la colère de Brasilia.

Plus récemment, il a lié des milliards de dollars en soutien à l'économie argentine aux résultats d'élections législatives, remportées par son grand allié Javier Milei.

Il a cajolé d'autres dirigeants « amis » comme l'Equatorien Daniel Noboa ou le Salvadorien Nayib Bukele. À l'inverse, il a vilipendé ses détracteurs dont le président colombien, Gustavo Petro, décrit comme un « baron de la drogue » et frappé de sanctions, et, surtout, Nicolas Maduro, qui est inculpé aux États-Unis pour narcotrafic.

Quant aux relations avec le Mexique de Claudia Sheinbaum, qui s'est gardée d'envenimer les choses, ou le Brésil de Luiz Inacio Lula da Silva, elles ont été émaillées de tensions sur fond d'âpres négociations commerciales.

Le Venezuela en ligne de mire

Au fond, « l'objectif de l'administration Trump est clairement de façonner la politique latino-américaine selon le programme MAGA », dit à l'AFP Renata Segura, qui dirige le programme Amérique latine et Caraïbes à l'International Crisis Group.

Mais c'est le Venezuela qui suscite le plus d'inquiétudes dans les capitales latino-américaines et au-delà, sous l'impulsion notamment de « faucons » comme le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, lui-même d'origine cubaine et farouche opposant de La Havane et Caracas.

Selon des observateurs, ce dernier est à l'avant-garde de la politique vénézuélienne du président américain, avec l'objectif de créer un effet domino pour, in fine, faire tomber le régime cubain.

Avec les frappes aériennes américaines contre des embarcations présentées comme celles de narcotrafiquants, « les États-Unis envoient un signal très clair » selon lequel « ils agiront de manière unilatérale lorsqu'ils le jugeront approprié », dit Mme Segura.

Toutefois, souligne Roxanna Vigil, du Council on Foreign Relations, « si l'objectif est d'utiliser la pression pour provoquer une rupture interne qui conduirait au départ de Maduro, c'est ce qui a été tenté sous Trump 1 et cela n'a pas fonctionné ».

Au cours de son premier mandat (2017-2021), Donald Trump avait conduit sans succès une politique de sanctions maximales contre le Venezuela.

Pour un président américain qui a pu dire lors d'un discours remarqué à Ryad en mai dernier être contre les « donneurs de leçons » ou « les interventionnistes », l'Amérique latine semble offrir un saisissant contre-exemple.Donald Trump faisait bien sûr référence au Moyen-Orient, mais depuis son retour au pouvoir en janvier, il tente d'étendre son influence en Amérique latine, y maniant une politique de la carotte et du bâton qui plonge le continent sud-américain dans l'incertitude.Il s'est immiscé dans la politique intérieure de plusieurs pays, comme le Brésil, la Colombie et l'Argentine, tandis que le déploiement d'une armada dans les Caraïbes interroge sur une possible intervention militaire des États-Unis au Venezuela afin de renverser son dirigeant honni, Nicolas Maduro.Le...