Le camp de réfugiés palestiniens de Chatila, au sud de Beyrouth, le 10 mai 2023. Photo d'illustration João Sousa/L'Orient-Le Jour
Deux jours après le meurtre du jeune Libanais Élio Abou Hanna par des miliciens palestiniens dans le camp de réfugiés de Chatila dans le sud de Beyrouth, un nouveau crime s’y est produit mardi matin. Une femme a été tuée sur fond de consommation de drogue, un fléau qui frappe cette agglomération où l'armée a déjà mené plusieurs descentes ces derniers mois.
Les Forces palestiniennes de sécurité nationale ont remis à l'armée libanaise cinq suspects -un Libanais et quatre Syriens- « dans le cadre de l'enquête » sur le meurtre « d'une jeune fille », a rapporté dans un communiqué en début de soirée le commandement de la troupe. Plus tôt dans la journée, les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah faisaient état de l'arrestation de deux suspects, dont l’un était suspecté d'être impliqué dans le meurtre de la victime dans une « chambre de drogue » du camp. D'importantes quantités de stupéfiants ont également été remises par les Forces palestiniennes de sécurité nationale aux services de renseignement de l'armée libanaise, précise notre correspondant.
Dans une vidéo publiée mardi, le responsable sécuritaire du mouvement Fateh dans le camp de Chatila, Ali Fayad, apparaît dans une salle où se trouvent les drogues saisies et posées sur le sol. Il affirme que le principal suspect serait un Libanais originaire de Baalbeck et que la victime aurait été une « consommatrice de drogue », selon ses termes.
Contacté par notre publication, un responsable au sein du Fateh a affirmé que la femme n'était pas une résidente du camp mais s’y rendait régulièrement pour consommer et acheter de la drogue. Elle ne portait aucun document d’identité sur elle, selon lui. Le corps de la victime a été découvert dans une zone connue pour être un centre de vente de stupéfiants, fréquenté par des consommateurs venus de divers quartiers de Beyrouth. Toujours selon la même source, une dispute aurait éclaté entre la femme et le suspect avant de dégénérer. Un des hommes de nationalité syrienne qui a été arrêté serait impliqué dans le trafic de drogue.
L’incident survient alors que les autorités libanaises s’emploient depuis début août, et parallèlement au processus de désarmement du Hezbollah, à désarmer aussi les camps palestiniens où les milices de diverses factions assurent la sécurité.



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