Un soldat français de la Finul manipule un missile antiaérien léger transportable (Mistral) pour surveiller les violations de l'espace aérien libanais, le 8 juillet 2025, au quartier général des forces de maintien de la paix à Naqoura, au Liban-Sud. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
Le ministère français des Affaires étrangères a condamné lundi « les tirs israéliens qui ont visé un détachement de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) » dimanche, rappelant que ces « incidents » faisaient suite à « ceux observés les 1er, 2 et 11 octobre derniers, lorsque l’armée israélienne avait déjà visé des positions de la Finul ».
« La France rappelle que la protection des Casques bleus, la sûreté et la sécurité des personnels, des biens et des locaux des Nations unies doivent être assurées, conformément au droit international et à la résolution 1701 du Conseil de Sécurité des Nations unies », a indiqué le ministère dans un communiqué. « La Finul doit pouvoir pleinement mettre en œuvre son mandat et exercer sa liberté de mouvement », poursuit le texte.
Dimanche soir, les Casques bleus avaient affirmé avoir pris des « contremesures défensives » contre un drone de l'armée israélienne qui survolait une patrouille de manière agressive. Un porte-parole de la Finul avait confirmé à L'Orient-Le Jour que l'appareil israélien qui s'est écrasé à Kfar Kila (Marjeyoun) a été abattu par la troupe onusienne, alors que celle-ci effectuait une patrouille dans la zone. La troupe a indiqué que cet acte constituait une « contre-mesure » contre l’appareil qui « agissait de façon agressive » à l'encontre des soldats de la paix. Selon les informations de notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah, le bataillon impliqué dans cet incident serait de nationalité française. Une information que la Finul n'a pas souhaité confirmer.
Le Quai d’Orsay a également salué « dans ce contexte difficile le courage, le professionnalisme et l’engagement continu des personnels de la Finul » dont son mandat a été prolongé une dernière fois jusqu’au 31 décembre 2026, avant d'entamer un retrait progressif censé débuter à partir de cette date et s’achever d’ici la fin 2027. Et de conclure : « La France rappelle que le respect du cessez-le-feu du 26 novembre 2024 s’impose à toutes les parties sans exception afin de garantir la sécurité des populations civiles des deux côtés de la Ligne bleue, et appelle Israël à se retirer de l’entièreté du territoire libanais ».
Créée en 1978 à la suite de la première invasion terrestre majeure d’Israël au Liban, la Finul avait pour objectif initial de confirmer le retrait israélien, de rétablir la paix et la sécurité internationales, et d’aider le gouvernement libanais à rétablir son autorité dans la région. Depuis, son mandat a été adapté, notamment après la guerre de 2006, à travers la résolution 1701 qui lui a confié un rôle renforcé dans la surveillance de la cessation des hostilités entre Israël et le Hezbollah.


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin