Le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Joe Saddi, entouré du ministre de l'Industrie, Joe Issa-Khoury (à droite), et du président de l’Association des industriels libanais, Salim Zeenni, au ministère de l'Énergie, le 22 octobre 2025. Photo ANI
Le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Joe Saddi, a signé mercredi un accord avec le président de l’Association des industriels libanais (AIL), Salim Zeenni, qui permet aux industriels de stocker dans les installations pétrolières du ministère à Zahrani (Liban-Sud) et Deir Ammar (Liban-Nord) le carburant importé par leurs propres moyens et qu'ils utilisent pour faire fonctionner leurs équipements et générateurs.
L'accord, signé en présence et à l'initiative du ministre de l'Industrie, Joe Issa-Khoury, met en œuvre un décret du Conseil des ministres remontant à 2004 mais rarement appliqué jusque là. Le carburant doit être conforme aux normes imposées par l’Institut libanais de normalisation (LIBNOR) et sera exonéré de frais de stockage — les autres frais, comme ceux liés au déchargement, ne sont pas concernés par cette exonération. Le carburant, qu'il s'agisse de diesel, de mazout ou de gazole, doit en outre être exclusivement destiné à l’usage des industriels, selon les informations du communiqué de l’Agence nationale d’information (Ani, officielle) complété par Salim Zeenni que nous avons contacté. « Il n'y a pas de limite de stockage, et les besoins des industriels sont d'environ 200 000 tonnes par an sur les 2,5 millions que le Liban importe », a ajouté le président de l'AIL.
Salim Zeenni a précisé que seuls les industriels légalement enregistrés et payant leurs impôts et taxes pourront bénéficier de ce mécanisme. Une source au sein de l’AIL a ajouté que le mécanisme d’importation devait encore être élaboré et qu’un premier « petit chargement » de 5 000 à 10 000 tonnes pourrait servir de test. La source a également assuré que ce mécanisme permettra aux industriels d’importer du carburant à un prix plus compétitif que celui du marché.
« Cet accord est la première étape d’un processus que nous poursuivrons par d’autres mesures, dans le but de réduire le coût de production pour les industriels. C’est une des deux ou trois mesures que nous allons prendre », a déclaré Joe Issa-Khoury selon l’Ani.
Joe Saddi a indiqué que l'accord était le fruit d'une coopération entre son ministère et celui de l’Industrie. « Cette étape confirme l’importance de soutenir le secteur industriel au Liban, car c’est un pilier essentiel de l’économie nationale et il soutient des milliers de familles libanaises », a-t-il ajouté.
L’industrie libanaise se plaint régulièrement des importants coûts de l’énergie auxquels elle doit faire face, en raison du déficit de production du fournisseur public, ce qui a obligé les acteurs de la filière à investir dans des générateurs privés ou des installations photovoltaïques.

