Un drapeau israélien flottant au-dessus de la colonie illégale de Ma'ale Adoumim, en Cisjordanie occupée, le 16 août 2020. Photo prise le 16 août 2020. Photo d'archives Ronen Zvulun/Reuters
Le Parlement israélien a adopté mercredi une proposition de loi, en première lecture, approuvant l'annexion de la Cisjordanie occupée par Israël, en pleine visite du vice-président américain JD Vance.
L'un de ces deux textes, intitulé « Application de la souveraineté israélienne en Judée et Samarie, 2025 », propose que « les lois, le système judiciaire, l’administration et la souveraineté de l’État d’Israël s’appliqueront à toutes les zones de peuplement » de Cisjordanie occupée, soit une mesure équivalente à une annexion de ces territoires.
Demande de « report » par Netanyahu
Cette proposition a été soumise par un député membre du parti d'extrême-droite Noam, qui ne fait pas partie de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu lequel, selon le Jerusalem Post, aurait demandé de « reporter » la discussion parlementaire sur ce texte en pleine visite du vice-président américain.
Le Likoud, parti du chef du gouvernement, n’a d'ailleurs pas soutenu cette proposition de loi, qui a néanmoins été adoptée par 25 voix contre 24, sur les 120 députés de la Knesseth, grâce au vote d'une députée issue de ses rangs, Yuli Edelstein, ce qui a permis au texte de passer de justesse, comme le rapporte The Times of Israel.
Selon la législation israélienne, l'adoption en première lecture de ces deux textes constitue la première des quatre étapes nécessaires à l'entrée en vigueur définitive d'une loi, le tout ayant été transmis à la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Parlement pour des délibérations supplémentaires.
Ce vote s'inscrit dans la lignée d'une résolution votée en juillet dernier par le Parlement, qui s'était prononcé en faveur de «l'application de la souveraineté israélienne à la Judée, la Samarie et la vallée du Jourdain». Elle n'avait cependant eu aucune conséquence opérationnelle ou législative.
Annexion de Ma'ale Adoumim
Par ailleurs, une seconde proposition de loi, déposée par un autre parti d’opposition et visant à annexer la colonie de Ma'ale Adoumim, près de Jérusalem, a quant à elle été adoptée par 31 voix contre 9. C'est dans ce même avant-poste illégal que Bezalel Smotrich, ministre israélien des Finances et colon extrémiste, avait annoncé en août l’approbation par le gouvernement israélien d’un plan de construction de 3 400 nouveaux logements s’étendant sur le secteur E-1, une zone de 12,5 kilomètres carrés entre Jérusalem-Est et Ma’ale Adoumim, interrompant la continuité territoriale entre Ramallah et Bethléem.
Ces deux votes s'inscrivent en faux avec les récentes prises de proposition de l'administration américaine, alliée indéfectible d'Israël, qui s'est prononcée contre tout projet d'annexion de la Cisjordanie par Israël, voulue par la droite israélienne. « Je ne permettrai pas à Israël d'annexer la Cisjordanie », avait déclaré Donald Trump aux journalistes à la Maison Blanche le 26 septembre. « Non, je ne le permettrai pas. Cela n'arrivera pas. »
Ces propos du président américain avaient été tenus en marge de la présentation de son plan pour Gaza, où est appliqué un cessez-le-feu fragile depuis le 11 octobre, mais aussi en réponse aux menaces de plusieurs pays arabes, dont les Émirats arabes unis, de remettre en cause la pérennité des accords d'Abraham.
Quelque 700 000 colons israéliens résident parmi 2,7 millions de Palestiniens en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est, qui ont été conquises par Israël en 1967.
L'Assemblée générale des Nations unies a adopté en septembre 2024 une résolution exigeant qu'Israël mette fin à « sa présence illégale dans les territoires palestiniens occupés » dans un délai de 12 mois. Cette résolution avait suivi l'avis consultatif rendu en juillet par la Cour internationale de Justice, qui a déclaré que l'occupation des colonies et des territoires palestiniens par Israël était illégale au regard du droit international.



