Un cratère causé par un bombardement israélien dans le village libanais de Blida, le 16 avril 2025 dans le caza de Marjeyoun. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
L’armée israélienne a une nouvelle fois violé dimanche le cessez-le-feu en vigueur depuis novembre dernier avec le Hezbollah, en menant une série d'opérations au Liban-Sud, selon notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah.
Dans la matinée, un drone de l'armée israélienne a largué une bombe assourdissante à la périphérie de Blida, dans le caza de Marjeyoun. Une opération similaire a été menée en début d'après-midi, mais cette fois sur la localité de Marouahine, dans le caza de Tyr. Les forces israéliennes ont parallèlement tiré en direction d’oliveraies situées à la périphérie du village de Blida, alors que des agriculteurs s'y trouvaient. L’objectif des tirs était de toute évidence d’effrayer les cultivateurs libanais. Une heure après, un autre drone israélien lancé une bombe sonore sur le quartier de Maslakh, dans le village de Khiam.
Une patrouille de l'armée israélienne a en outre inspecté samedi dans la nuit les environs du lac de Mahafer, Aïtaroun (caza de Bint Jbeil), et les soldats y ont placé quatre blocs de béton avec une pancarte sur laquelle est écrit : « Interdit de passer, danger de mort ». L'objectif de cette action est d'éloigner les agriculteurs. Les habitants de l'immeuble Baïdar dans le village de Jouaya, à l'est de Tyr, ont été pris de panique dimanche après avoir reçu un message leur demandant d'évacuer le bâtiment immédiatement, ce qui les a poussés à en sortir de manière préventive. Le président du conseil municipal Fawzi Fawaz à indiqué à notre correspondant local, que « l'un des adolescents du bâtiment avait reçu ce message ». Après enquête des forces de l'ordre, il s'est avéré que le texte était factice.
Dans la nuit de samedi à dimanche, des tirs de ratissage à l’arme automatique de calibre moyen ont par ailleurs été effectués en direction de Rmeich. Des tirs similaires ont été menées en début d'après-midi depuis le site militaire du « Radar », situé dans les fermes occupées de Chebaa, en direction des environs du village de Chebaa (caza de Hasbaya). Samedi soir, le Hezbollah avait de son côté annoncé que Ahmad Baalbaki, originaire de Selaa dans le caza de Tyr et tué plus tôt dans la journée dans une frappe israélienne de drone sur l'excavatrice qu'il conduisait entre Deir Kifa (caza de Tyr) et Kfar Dounine (Bint Jbeil), faisait partie de ses combattants.
Malgré la trêve qui avait mis fin à plus de treize mois de conflit entre le Hezbollah et l'armée israélienne, l’État hébreu occupe toujours plusieurs positions militaires au Liban-Sud et y mène des attaques quasi quotidiennes, affirmant cibler des combattants du parti chiite.


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