Un vendeur passe devant une affiche de campagne du président ivoirien Alassane Ouattara, 83 ans, candidat à un quatrième mandat, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le 13 octobre 2025. Photo Luc Gnago/ Reuters
Les autorités « mettent en péril la paix sociale », ont dénoncé mardi les deux principaux partis d'opposition, après l'interpellation de plusieurs centaines de personnes dans des manifestations interdites par le pouvoir, à moins de deux semaines de la présidentielle du 25 octobre.
Le climat politique est tendu dans le pays, notamment depuis que le Conseil constitutionnel a rejeté en septembre les candidatures à la présidentielle des principaux opposants, dont celles de l'ancien président Laurent Gbagbo (2000-2011) et du chef de la première formation d'opposition, Tidjane Thiam.
Début octobre, les autorités ont annoncé l'interdiction des marches et meetings qui contestent les décisions du Conseil constitutionnel.
Une décision qui met « en péril la paix sociale », s'est indigné mardi le Front commun, qui regroupe les deux principaux partis d'opposition présidés par MM. Thiam et Gbagbo, respectivement le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) et et le Parti des peuples africains - Côte d'Ivoire (PPA-CI).
« Les libertés d'association, de réunion, et de manifestation sont garanties par la loi », a rappelé le mouvement dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux, lue par sa porte-parole, Me Habiba Touré, qui a annoncé la tenue d'une « nouvelle grande marche nationale », prochainement.
Le Front commun avait appelé à une marche samedi, interdite par les autorités pour « maintenir l'ordre public. »
Quelques groupes de manifestants, qui avaient bravé cette interdiction dans plusieurs quartiers d'Abidjan, ont été dispersés par des tirs de gaz lacrymogène.
Les manifestants contestaient notamment un possible 4e mandat du président Alassane Ouattara. Les cadres de l'opposition n'ont pas été vus pendant cette marche, samedi.
A la date de dimanche soir, 710 personnes avaient été arrêtées, a appris l'AFP auprès d'une source sécuritaire qui précise que d'autres interpellations ont eu lieu après quelques manifestations lundi, dans la région de La Mé (sud) et de Gagnoa (sud-ouest).
La figure de la société civile Pulchérie Gbalet, proche de l'opposition, qui appelait à « tout bloquer dans le pays », a assuré que des écoles avaient été fermées et des routes coupées lundi, dans plusieurs villes. À Abidjan, la vie suivait son cours normal en début de semaine.
Quatre candidats d'opposition sont qualifiés pour affronter Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011: l'ex-ministre du Commerce Jean-Louis Billon, dissident du PDCI; deux anciens compagnons de route de Laurent Gbagbo en rupture avec lui, son ex-épouse Simone Ehivet Gbagbo et l'ex-ministre Ahoua Don Mello; et enfin Henriette Lagou, déjà candidate en 2015.
Les candidats sillonnent actuellement le pays pour leur campagne.


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