Le député des Forces libanais Georges Okaïs. Capture d'écran d'une vidéo publiée par le parti sur X le 11 juillet 2025
« La stratégie de sécurité nationale doit être élaborée après la remise des armes et l’imposition de la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire, et non avant », a déclaré le député des Forces libanaises Georges Okaïs, à l'adresse du Hezbollah dans un entretien sur Radio Liban Libre.
L'élu de la formation chrétienne a également qualifié de « leurre » le discours du parti chiite consistant à inclure ses armes lourdes dans les discussions avec les autres composantes politiques du pays dans le cadre d'une stratégie de défense contre les attaques israéliennes et les éventuelles menaces venant de Syrie, où le paysage politique a radicalement changé depuis la chute de Bachar el-Assad, renversé le 8 décembre par une coalition de rebelles islamistes.
« La stratégie de sécurité nationale doit être définie après la remise des armes illégales et l’imposition de la souveraineté de l’État sur tout le territoire libanais, et non avant, pour discuter de la manière dont nous devons coexister avec ces armes. C’est un leurre, une grande manœuvre qui ne trompera personne, et que nous refusons catégoriquement », a déclaré le député, dont la formation fait partie des plus féroces opposants au Hezbollah.
Le gouvernement a consacré, début août, le rétablissement du monopole de l'État libanais sur les armes et a commencé à le mettre en œuvre en approuvant un plan de l'armée devant l'organiser, mais sans calendrier précis, alors que Washington et Tel-Aviv veulent que le Liban fasse plus et plus vite. Le parti chiite continue quant à lui de refuser toute perspective de désarmement et demande qu’Israël cesse ses bombardements — quasi quotidiens depuis le cessez-le-feu conclu fin novembre 2024 — sur le territoire libanais et se retire des six points stratégiques que son armée occupe encore. Le Hezbollah a aussi assuré, notamment via le chef de son groupe parlementaire, le député Mohammad Raad, que le rétablissement de ses capacités était en bonne voie, ce que son allié iranien a également affirmé mercredi dernier à travers la voix du secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, Ali Larijani.
Comment atteindre l'objectif
« Aujourd’hui, il y a une contradiction entre deux discours : celui officiel de l’État, exprimé dans les décisions du gouvernement des 5 et 7 août, qui ont retiré toute légitimité aux armes illégales (...) pour les placer exclusivement entre les mains de l’État ; et celui, tout récent, du Hezbollah et du tandem chiite (avec le mouvement Amal du président Nabih Berry, Ndlr), selon lequel leurs capacités ont été reconstruites et leur force retrouvée. Qui devons-nous croire dans ce contexte ? », a-t-il poursuivi.
« Je soutiens personnellement l’approche calme et sage adoptée par le président de la République Joseph Aoun (qui prône le dialogue plutôt que la confrontation, Ndlr), mais il doit au moins donner au peuple libanais un signal, une impression que l’État d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier, et qu’il appliquera les lois à tous sans crainte ni hésitation. Sinon, ce pays restera une jungle ouverte où chacun agit comme il l’entend », a encore considéré Georges Okaïs. « Honnêtement, nous ne savons pas comment il compte (...) limiter les armes et imposer l’autorité de l’État », a-t-il encore lancé.
Le député a aussi considéré que le Premier ministre était la cible de nombreuses attaques justement en raison de son refus de revenir sur la question du désarmement. « Nous l’appelons à rester ferme, car tous les patriotes et les honnêtes gens du Liban le soutiennent », a-t-il encore lancé.
Plus de guerres ni de crises
Georges Okaïs s'est aussi interrogé sur l’évolution de la position du Hezbollah vis-à-vis du Hamas, maintenant que ce dernier est engagé dans des discussions sur une trêve, alors qu'il avait ouvert au Liban-Sud un front de soutien au lendemain du déclenchement de la guerre de Gaza. « Le parti doit faire preuve d’humilité, lire correctement les changements fondamentaux intervenus dans la région et écouter les cris et la souffrance du peuple libanais — notamment de sa propre base — qui ne veut plus de guerres ni de crises », a encore lancé Georges Okaïs.
Le député FL a enfin salué le « calme et le sang-froid des habitants de Beyrouth » face à l'épisode de l’illumination illégale du rocher de Raouché par des partisans du Hezbollah fin septembre, malgré l’absence d’autorisation. « Il y a une partie qui ne peut s’empêcher d’utiliser un discours provocateur, condescendant et accusateur, malgré la situation désastreuse dans laquelle elle se trouve, comme si elle ne réalisait pas que le Hamas s’est soumis, que Bachar el-Assad est tombé avec l’axe de la ‘moumanaa’, et que (l'ancien secrétaire général du parti) Hassan Nasrallah est tombé en martyr. »
Il a en parallèle répété la position des FL sur le dossier du vote des expatriés, insistant pour que ces derniers aient le droit de voter pour élire les 128 députés de la Chambre et non six comme le prévoit la loi électorale actuellement en vigueur. « Nous ne nous attendions pas à ce que Nabih Berry s’oppose à l’opinion de la majorité parlementaire, qui insiste pour que les Libanais de la diaspora élisent les 128 députés », a-t-il déclaré, alors que le président du Parlement freine des quatre fers pour empêcher le vote d’un amendement à la loi.



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Signons un acte de paix basé sur le respect mutuel et la sécurité des pays concernés avec tous nos voisins et finissons en avec ces milices vendues qui détruisent les pays qu’ils usurpent, tout en prétextant les défendre. Le HB et la Syrie ont causé plus de dégâts et de morts que toutes les guerres menées par les israéliens, leur pseudo ennemi de toujours.
11 h 06, le 07 octobre 2025