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Le secteur privé libanais « ne doit pas renflouer la CNSS une troisième fois », insiste le MIDEL


Le secteur privé libanais « ne doit pas renflouer la CNSS une troisième fois », insiste le MIDEL

Le conseil d'administration du MIDEL lors de sa réunion du 29 septembre 2025. Photo MIDEL

Le Mouvement international des entreprises libanaises (MIDEL) a déclaré dans un communiqué qu’il s’opposait à toute tentative des dirigeants politiques de faire porter le poids du renflouement de la Caisse nationale de sécurité sociale au secteur privé.

« Les employeurs ne peuvent pas absorber les pertes de l’État ni payer une troisième fois pour la faillite de la sécurité sociale. Il est donc nécessaire de répartir les pertes de manière équitable entre l’État, les entreprises et les employés, car personne ne doit supporter seul ces pertes », a déclaré le Conseil d’administration du MIDEL, présidé par Fouad Zmokhol.

Le MIDEL réagit aux discussions qui ont actuellement lieu autour de la nécessité d’une loi visant à compenser la perte de valeur liée à l’effondrement de la livre libanaise, survenu dans le sillage de la crise qui a éclaté en 2019, des indemnités de fin de service perçues par les employés partis à la retraite.

« Les salariés ont perdu une grande partie de leurs revenus, de leurs dépôts et de leur niveau de vie, mais en même temps, les entreprises ne peuvent pas supporter toutes les pertes de la sécurité sociale une nouvelle fois. Tous les fonds versés précédemment, dont la valeur a été perdue, doivent faire l’objet de négociations, de coopération et de discussions transparentes entre les partenaires de production pour trouver un accord sur cette question délicate », a encore déclaré le MIDEL.

L’organisation a aussi affirmé soutenir la proposition déposée par le député de Tripoli Fayçal Karamé, qui prévoit un dispositif exceptionnel pour indemniser les personnes lésées dont les indemnités ont perdu leur valeur réelle à partir d’un fonds spécial créé à cet effet, le tout selon une série de critères permettant de les identifier et de quantifier les compensations à verser. Sont notamment concernées les personnes parties à la retraite entre 2019 et avril 2024, environ 70 000 personnes, qui ont reçu une indemnité minime après que la livre libanaise a perdu 90 % de sa valeur. Les travailleurs encore en service jusqu’à fin 2023 sont aussi concernés. La proposition prévoit des compensations à mi-chemin entre la valeur perçue et la valeur de marché théorique des indemnités en question au taux de change actuel. Elle propose également de partager l’addition entre la CNSS, l’État et les employeurs.

Dans son communiqué, le MIDEL a également exprimé sa crainte qu’« aucune volonté sérieuse » d’adopter la loi de répartition des pertes financières du pays n’existe actuellement pour des raisons électorales et parce qu'il s'agit décisions peu populaires, soulignant que ce texte est l'une des réformes clés attendues par le Fonds monétaire international. Il a aussi critiqué le projet de budget de l’État pour 2026. « L’objectif affiché est l’équilibre financier entre recettes et dépenses, mais il est évident que les chiffres sur le papier ne reflètent pas la réalité », déplore le MIDEL. Celui-ci juge que l’État devrait s’attaquer sérieusement à l’évasion fiscale, plus de 50 % des impôts n'étant pas perçus, alors que ce sont uniquement les entreprises transparentes et éthiques qui paient leurs taxes, tandis que l'économie parallèle gagne du terrain.

Le Mouvement international des entreprises libanaises (MIDEL) a déclaré dans un communiqué qu’il s’opposait à toute tentative des dirigeants politiques de faire porter le poids du renflouement de la Caisse nationale de sécurité sociale au secteur privé.« Les employeurs ne peuvent pas absorber les pertes de l’État ni payer une troisième fois pour la faillite de la sécurité sociale. Il est donc nécessaire de répartir les pertes de manière équitable entre l’État, les entreprises et les employés, car personne ne doit supporter seul ces pertes », a déclaré le Conseil d’administration du MIDEL, présidé par Fouad Zmokhol.Le MIDEL réagit aux discussions qui ont actuellement lieu autour de la nécessité d’une loi visant à compenser la perte de valeur liée à l’effondrement de la livre libanaise,...