Le député Michel Moussa, président de la commission parlementaire des droits de l'homme. Photo ANI
La commission parlementaire des droits de l’homme, présidée par le député Michel Moussa, a discuté jeudi des agressions israéliennes qui se poursuivent quotidiennement en territoire libanais, notamment au Liban-Sud, malgré le cessez-le-feu du 27 novembre dernier. Les députés ont réclamé que davantage de plaintes soient déposées par le gouvernement devant les instances internationales.
M. Moussa a déclaré à l’issue de la réunion que les participants ont pris connaissance d’un rapport de l’organisation Amnesty International ayant répertorié les différentes violations israéliennes du droit international, notamment le meurtre de journalistes, les explosions des bipeurs (déflagrations simultanées aux mains de milliers de membres du Hezbollah), l’usage du phosphore blanc et le dynamitage de maisons. « Nous avons ensuite suivi un exposé par le ministère des Affaires étrangères sur les plaintes déposées auprès d’instances internationales », a-t-il poursuivi. « Les députés ont demandé que ces violations soient décrites minutieusement et que les plaintes auprès de l’ONU, du Conseil des droits de l’homme et des tribunaux internationaux, soient redynamisées en vue de mettre un terme aux agressions et aux violations du droit humanitaire international », a ajouté M. Moussa. En conclusion, « il a été décidé de soumettre une recommandation au gouvernement en vue de poursuivre le débat sur les plaintes pour accélérer l’interruption de cette offensive, et l’indemnisation dans l’objectif de la reconstruction », a-t-il précisé.
La loi de la jungle
Lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion, Melhem Khalaf, député issu de la Contestation, a rappelé que le rapport d'Amnesty International couvre une période allant jusqu’à janvier 2025. Il a déclaré que « toutes les violations israéliennes » et en particulier le crime commis par l’armée israélienne dimanche dernier à Bint Jbeil, qui a coûté la vie à trois enfants de la même famille, « constituent, selon la qualification juridique internationale, des actes terroristes à part entière ».
Selon lui, cet acte « est considéré comme un crime de guerre au regard des Conventions de Genève et relève également du crime contre l’humanité au sens du Statut de Rome de la Cour pénale internationale ». Et de conclure : « Israël applique la loi de la jungle, cherchant à saper la légitimité internationale et à échapper à toute reddition de comptes, ce qui nous impose de recourir à la justice internationale ».
La députée Halima Kaakour a, quant à elle, déclaré que le rapport « confirme une nouvelle fois que l’ennemi israélien a perpétré un crime de guerre documenté, ce qui constitue une violation flagrante du droit international et du droit international humanitaire ». Elle a indiqué que ce rapport fait porter à l’État libanais « la responsabilité de recourir à tous les mécanismes de reddition de comptes disponibles dans le cadre des droits humains et du droit international humanitaire », ajoutant que la commission avait déjà présenté une étude détaillée sur ces voies légales.
Mme Kaakour a enfin insisté sur « la nécessité de mettre sur pied une commission d’établissement des faits relevant des Nations unies, chargée d’enquêter sur ces violations », estimant que « l’essentiel demeure l’indemnisation des victimes et la question de la reconstruction ».
Après l'ouverture d'un front de guerre au Liban-Sud par le Hezbollah, le 8 octobre 2023, et pendant les 13 mois de guerre ayant suivi, le gouvernement de Nagib Mikati avait déposé, via la représentation libanaise à l'ONU, des dizaines de plaintes devant le Conseil de sécurité. Ce mécanisme s'était ralenti après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu du 27 novembre 2024, qui reste violé quasiment quotidiennement, et la formation du cabinet de Nawaf Salam, en février 2025.
Le Hezbollah s’est engagé dans la guerre entre Gaza et Israël depuis le 8 octobre 2023, en ouvrant un « front de soutien », mais cette guerre s’est brusquement intensifiée le 23 septembre 2024, laissant de vastes régions du Liban détruites en grande partie. Les agressions israéliennes demeurent quotidiennes, notamment au Liban-Sud, malgré le cessez-le-feu.


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