Rima Abdul Malak deviendra la nouvelle directrice exécutive de L'Orient-Le Jour le 10 novembre 2025. Photo Jeanne Accorsini
Cent ans. Cent un, pour être précis. Y a-t-il plus bel âge pour ouvrir une nouvelle page ?
Le 10 novembre prochain, le groupe L’Orient-Le Jour accueillera Rima Abdul Malak qui prendra les fonctions de directrice exécutive. Elle succédera à Fouad Khoury Hélou qui, quatre ans durant, a tenu la barre dans un contexte particulièrement difficile au Liban.
Franco-libanaise, l’ex-ministre de la Culture en France aura pour mission d’engager L’Orient-Le Jour dans une nouvelle phase de son développement : rayonnement international, élargissement de l’offre éditoriale, innovation numérique, ouverture à de nouveaux publics – tout en restant fidèle à ses valeurs fondatrices et à sa mission. Des valeurs que nous avons célébrées à l’occasion de notre centenaire, en 2024, et lors de notre grand festival « Un vent de liberté » à Beyrouth à la mi-septembre.
Sa longévité, L’Orient-Le Jour la doit aussi à une rédaction toujours en mouvement, sans cesse renouvelée, à une administration créative à la recherche d’une diversification des revenus et à un engagement total dans sa transformation numérique.
Les valeurs qui font l’ADN de L’Orient-Le Jour sont le fil rouge du parcours de Rima Abdul Malak dans l’humanitaire, la diplomatie ou les politiques culturelles, de la mairie de Paris à l’Élysée, en passant par New York ou les camps de réfugiés aux quatre coins du monde.
Nous en sommes convaincus, Rima Abdul Malak va insuffler une nouvelle dynamique pour élargir la portée du journal, adapter son modèle économique aux nouveaux défis du secteur et renforcer son influence, au Moyen-Orient comme à l’international.
Personnalité déterminée et sensible, fidèle à ses convictions, elle a toujours défendu la liberté de la presse et œuvré pour soutenir la société civile au Liban. Son parcours international, ses compétences stratégiques et opérationnelles, son attachement au Liban et à la diversité de sa diaspora sont des atouts essentiels pour consolider, à la tête d’une équipe engagée, l’avenir de L’Orient-Le Jour.
Si nous avons pu convaincre une personnalité de l’envergure de Rima Abdul Malak de rejoindre L’Orient-Le Jour, c’est aussi grâce à la stature acquise, ces dernières années, par notre journal. En 2021, notre reporter Caroline Hayek décrochait le prix Albert Londres ; l’année suivante, l’Académie française nous attribuait sa Grande Médaille de la francophonie ; en 2025, L’Orient-Le Jour devenait le premier média libanais et l’un des rares au Moyen-Orient à obtenir la certification Journalism Trust Initiative (JTI), développée par Reporters sans frontières (RSF). Conçue comme une norme ISO, cette certification constitue un label de professionnalisme et de transparence.
L’expertise de L’Orient-Le Jour, la particularité de son regard sont désormais reconnues et saluées bien au-delà des frontières du Liban.
Cela est le résultat de l’engagement et de l’exigence de tous les membres de ce journal. Parmi eux, Fouad Khoury Hélou dont, au nom de l’ensemble du conseil d’administration, je tiens à saluer le travail soutenu. En tant que directeur du groupe, il a su, depuis 2021, développer l’audience du journal tout en préservant sa stabilité financière alors que les crises économique et sécuritaire n’en finissaient plus d’ébranler le Liban et la région ces dernières années.
Avec Rima Abdul Malak, le centenaire que nous sommes prend un nouvel élan, pour la défense de la cause de l’information, du débat libre et éclairé, pour, aussi, comme elle nous le disait, « renforcer le lien vital entre le Liban et tous ceux qui, partout dans le monde, continuent de croire en l’avenir de ce pays ».
Rima Abdul Malak, figure singulière du dialogue entre la France et le Liban
Née en 1979, Rima Abdul Malak passe les dix premières années de sa vie à Beyrouth avant que sa famille, fuyant la guerre civile, ne s’installe à Lyon. Diplômée en sciences politiques, elle débute dans la solidarité internationale, travaillant dans les territoires palestiniens pour le CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement), puis dirige l’association Clowns sans frontières, qui apporte un soutien psychosocial aux enfants victimes de la guerre et de la pauvreté. La culture devient ensuite son terrain d’action privilégié : à l’Institut français, à la mairie de Paris auprès de Bertrand Delanoë puis à New York comme attachée culturelle, tissant des échanges entre la France et les États-Unis. En 2019, elle devient la conseillère culture d’Emmanuel Macron, jouant un rôle-clé pendant la pandémie de Covid, protégeant la presse, les artistes et les lieux culturels grâce à des mesures inédites.
De 2022 à 2024, elle est ministre de la Culture, première Franco-Libanaise dans un gouvernement français. Ses priorités : jeunesse, patrimoine, création, indépendance des médias. Elle renforce l’audiovisuel public, développe l’éducation aux médias, soutient les dessinateurs de presse et prépare les États généraux de l’information. Sur la scène européenne, elle contribue au Media Freedom Act, destiné à protéger la liberté des journalistes et le pluralisme des médias.
Depuis son départ du gouvernement en janvier 2024, Rima Abdul Malak s’est investie auprès de plusieurs acteurs libanais, la Fondation Samir Kassir pour la liberté de la presse, le musée Sursock, le cinéma Métropolis ou encore l’Université Saint-Joseph.
Elle siège au conseil d’administration de Reporters sans frontières, au comité international d’Aliph (Alliance internationale pour la protection du patrimoine), et préside le jury du festival de photographie Planches Contact de Deauville, parmi divers engagements associatifs. Elle intervient régulièrement dans des universités, institutions et entreprises pour des cours et conférences. Elle a également développé le « Rima poésie club », ainsi que plusieurs spectacles autour de sa passion pour la poésie.
Figure singulière du dialogue entre la France et le Liban, son parcours témoigne d’une conviction intacte : les mots, les arts et les idées peuvent éclairer l’avenir.


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Elle a appris une leçon lors de son passage, sans laisser de traces, au ministère français de la Culture : celle de ne pas désavouer le prince (immigration, Gérard Depardieu) et de rester au service du roi comme son patronyme l’indique, Abdul Malak. C’est une femme POLITIQUE libano-française qui prendra la direction d’un groupe dont le journal adopte une ligne claire par un trio de rédac’chefs, à l’image d’un pouvoir politique libanais tricéphale. Là, elle doit faire le ménage. Du fond du cœur, bon vent à Rima, mais une chose dont je suis sûr, elle ne cédera jamais cette place à Rachida Dati.
22 h 05, le 26 septembre 2025