Adam Boehler, envoyé spécial américain pour la libération des otages, observe le président Donald Trump signer des décrets dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 5 septembre 2025. Photo AFP/MANDEL NGAN
L'émissaire américain pour les détenus Adam Boehler a indiqué samedi, lors d'une rare visite d'un responsable américain à Kaboul, que les États-Unis allaient procéder à un échange de prisonniers avec le gouvernement taliban, rapporte ce dernier.
« Adam Boehler, sur la question des citoyens emprisonnés en Afghanistan et aux États-Unis, a déclaré que les deux pays allaient échanger leurs prisonniers », a rapporté le bureau du vice-Premier ministre taliban, Abdul Ghani Baradar, à l'issue de leur rencontre. Aucune date n'a été précisée pour cet échange, qui n'a pas été commenté par Washington dans l'immédiat.
Au moins un citoyen américain, Mahmood Habibi, est considéré comme détenu en Afghanistan. Les États-Unis ont promis une récompense de cinq millions de dollars pour toute information sur sa localisation, alors que les talibans nient toute implication dans sa disparition en 2022.
En mars, un Américain, George Glezmann, ancien mécanicien aéronautique qui avait été détenu pendant plus de deux ans par les talibans, avait été libéré au terme d'une visite de M. Boehler à Kaboul.
Le responsable américain, de nouveau accompagné samedi par l'ex-émissaire américain pour l'Afghanistan Zalmay Khalilzad, a également abordé le sujet des détenus lors de ses entretiens avec le chef de la diplomatie afghane, Amir Khan Muttaqi.
« Chaque partie a souligné qu'elles continueraient à parler de différentes questions présentes et futures des relations bilatérales, surtout celle des citoyens emprisonnés dans les deux pays », a rapporté le porte-parole adjoint du gouvernement, Hamdullah Fitrat, sur X.
Des dizaines d'étrangers ont été arrêtés par les autorités talibanes depuis leur retour aux commandes en août 2021 après le retrait des forces américaines. Cette semaine, la diplomatie russe avait annoncé le retour au pays d'un ethnographe russe incarcéré près de deux mois.
« Il était détenu en Afghanistan depuis juillet, accusé de plusieurs infractions (...) et a été libéré par les autorités afghanes à la demande de la partie russe, compte tenu des relations amicales » entre l'Afghanistan et la Russie, unique pays au monde à reconnaître les autorités talibanes, affirmait encore le ministère russe des Affaires étrangères.
En juillet 2024, Kaboul avait annoncé discuter avec Washington de la question des prisonniers, puis en janvier, deux Américains avaient été libérés en échange d'un combattant afghan, Khan Mohammed, condamné pour narco-terrorisme aux États-Unis.
Le gouvernement taliban répète qu'il souhaite entretenir de bonnes relations avec les autres pays, notamment avec les États-Unis, malgré les 20 ans de guerre les ayant opposés. Le ministre des Affaires étrangères taliban a de nouveau appelé samedi à « revenir à des rapports normaux », estimant qu'il n'y avait pas « de problèmes insolubles dans les relations bilatérales ».
Plusieurs pays, dont le Pakistan, la Chine, la Turquie, les Émirats arabes unis et l'Iran, ont gardé leurs ambassades ouvertes à Kaboul après 2021.


Cessez-le-feu : entre le non de Tel-Aviv et l’insistance de Beyrouth, Washington pour un retour à l’avant mars 2026