Un homme traverse devant un portrait du président palestinien Mahmoud Abbas dans le camp de réfugiés palestiniens de Chatila à Beyrouth, le 7 février 2024. João Sousa/L'Orient-Le Jour
Un affrontement armé entre trafiquants de drogue a éclaté vendredi soir dans le camp de réfugiés palestiniens de Chatila, à Beyrouth, faisant au moins trois blessés, selon notre correspondant Mountasser Abdallah.
La confrontation, au cours de laquelle des mitrailleuses et des roquettes ont été utilisées, a nécessité l'intervention rapide de l'armée libanaise et des factions palestiniennes. Selon des sources du camp, l'affrontement a fait au moins trois blessés et provoqué un incendie dans une maison, que les habitants ont rapidement éteint tout en secourant les personnes qui s'y trouvaient. Un climat de tension régnait dans le camp à l'issue de cet incident.
Des haut-parleurs ont diffusé des appels à l'arrêt des hostilités et exhorté les habitants à descendre dans la rue pour faire pression sur les hommes armés afin qu'ils cessent de tirer. Le commandement de l'armée libanaise a pour sa part contacté les factions palestiniennes du camp, soulignant la nécessité de résoudre l'incident, de dénoncer les personnes impliquées et de les livrer à la justice.
Les Forces de sécurité libanaises ont ensuite effectué une descente sur le lieu de l'affrontement et arrêté plusieurs personnes. En outre, les Forces de sécurité nationale palestiniennes ont mené une descente dans la cachette d'Oussama Al-Ladawi, connu sous le nom d'« Al-Akhras », qui est accusé d'avoir déclenché l'affrontement, selon notre correspondant. Des armes et de la drogue ont été confisquées et le site a été bouclé.
Les affrontements dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban sont fréquents. Début septembre, une importante dispute familiale a éclaté dans le camp de Aïn el-Héloué à Saïda, entraînant des coups de feu qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, dont quatre dans un état critique qui ont été transférés hors du camp pour être soignés.
Le désarmement des camps palestiniens au Liban, initialement prévu pour le 16 juin mais retardé en raison de la guerre entre l'Iran et Israël et du manque de coopération de certaines factions, dont le Hamas, a officiellement commencé le 21 août à Bourj el-Brajné. Ce camp, situé dans la banlieue sud de Beyrouth, accueille principalement des factions de l'OLP telles que le Fateh, qui soutient depuis longtemps ce processus.
Le désarmement devrait être beaucoup plus compliqué à Aïn el-Héloué, le plus grand camp palestinien du Liban, où un équilibre fragile existe entre plusieurs factions rivales coexistant aux côtés de groupes islamistes installés à la périphérie du camp, groupes que seul le Hamas peut atteindre. L'opération de désarmement dans les camps palestiniens se déroule conformément à la décision prise lors d'une rencontre en mai dernier entre le président Joseph Aoun et son homologue palestinien Mahmoud Abbas.


