Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, à Ankara le 3 juin 2023. Photo AFP
La Turquie, qui a suspendu depuis l'an passé ses relations commerciales avec Israël, a annoncé vendredi avoir fermé ses ports et son espace aérien aux navires et aux avions militaires et officiels israéliens.
« Nous avons fermé nos ports aux navires israéliens (...) et nous n'autorisons pas les avions (israéliens) à entrer dans notre espace aérien » a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan devant le parlement turc, sans préciser depuis quand ces restrictions étaient en vigueur. Une source diplomatique turque a précisé à l'AFP que la fermeture de l'espace aérien ne concernait pas les avions de ligne israéliens survolant la Turquie. Les vols directs entre les deux pays avaient déjà été suspendus.
« Aucun autre pays que le nôtre n'a totalement interrompu ses échanges commerciaux avec Israël » s'est félicité M. Fidan lors d'une session extraordinaire consacrée à la guerre à Gaza.
Le chef de la diplomatie turque a précisé que les navires turcs avaient également interdiction d'accoster dans les ports israéliens, et que les porte-conteneurs transportant des armes et munitions à destination d'Israël n'étaient plus autorisés à entrer dans les ports turcs.
La grande entreprise israélienne de transport maritime ZIM avait déjà indiqué lundi avoir reçu un avis des autorités portuaires turques l'informant que « les navires détenus, gérés ou exploités par une entité liée à Israël ne seront plus autorisés à accoster dans les ports turcs ».
Les relations entre Israël et la Turquie, rare pays à majorité musulmane à le reconnaître, se sont détériorées depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui accuse l'armée israélienne de perpétrer un génocide à Gaza, a qualifié à plusieurs reprises Israël « d'Etat terroriste » et estime que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu « a surpassé Hitler ». « Israël mène un génocide à Gaza depuis deux ans, sous les yeux du monde (...) Aucun pays n’a, jusqu’à présent, pris une mesure plus significative comprenant des sanctions contre Israël », a ajouté le chef de la diplomatie turque.
Le gouvernement israélien n'a pas immédiatement commenté ces propos.
Le média israélien Ynet a précisé qu'en dépit de ces déclarations, les entreprises israéliennes, ainsi que l’Autorité aéroportuaire d’Israël n’ont, pour l’heure, reçu aucune notification officielle à ce sujet. La seule destination où les vols seraient concernés par cette mesure est la Géorgie.
Selon The National, M. Fidan a indiqué que la Turquie avait signé une importante initiative internationale à l’ONU, avec la participation de 52 pays, appelant à mettre fin à l’approvisionnement en armes et en munitions qui « alimente la machine de guerre israélienne ».
Des voix continuent toutefois de s'élever en Turquie pour demander le blocage des livraisons de pétrole azerbaïdjanais à Israël via le port turc de Ceyhan (sud).


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