Le prince héritier du Koweït, Cheikh Sabah Khaled al-Hamad al-Sabah (à droite), recevant le ministre libanais de la Défense, Michel Menassa, à Koweït City, le 25 août 2025. Photo agence officielle du Kowaït (KUNA) via Reuters
Le ministre libanais de la Défense Michel Menassa a affirmé dans un entretien donné au quotidien koweïtien al-Jarida l'engagement de l'armée libanaise à mettre en œuvre la décision du gouvernement sur le monopole d’État sur les armes, malgré les propos menaçants du secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem.
En réponse à une question sur une éventuelle confrontation sur le terrain entre l'armée et les combattants du parti chiite, M. Menassa a répondu : « Nous n’avons pas peur. La légitimité est celle de l’État libanais. Il est inconcevable qu’il y ait deux fusils sur une même terre. Voilà ce que je souhaite dire sur ce sujet. » Et le ministre d'ajouter : « Attendons le plan que présentera l’armée (prévu pour début septembre, NDLR) que nous soumettrons ensuite au Conseil des ministres pour approbation. (...) Nous préparons aujourd’hui le troupe à se déployer au sud du Litani pour appliquer la résolution 1701, qui exige son déploiement après le retrait de l’armée israélienne du Sud. Cela nécessite de la soutenir et de l’équiper en véhicules, armes, munitions et matériel. Nous partons de rien, mais nous récupérerons la légitimité de l'État au Liban-Sud et les territoires occupés ».
À propos de l'éventualité d'une confrontation pendant le prochain déploiement de l'armée, le président du Parlement Nabih Berry avait affirmé mercredi devant ses visiteurs que « celui qui frappe l’armée libanaise même avec une rose est un 'chien fils de chien' », ajoutant qu’il s’agit là de la position commune du tandem chiite, mouvement Amal et Hezbollah compris.
À propos de sa visite au Koweït, quelques mois après celle du chef de l’État Joseph Aoun, le ministre Menassa a fait savoir que ses entretiens avec les dirigeants du Koweït étaient « plus qu'excellents ». « Les Koweïtiens ouvrent grand les bras pour aider le Liban, en particulier pour équiper son armée. Ils font totalement confiance au président, notamment lorsqu’il était commandant de l’armée, car ils connaissent bien son parcours et ses réalisations », a-t-il dit. Et de poursuivre : « J’ai déjà dit que le Liban, président, gouvernement et peuple, est reconnaissant envers le Koweït, qu’il considère comme étant un véritable soutien et un frère loyal. Je tiens à rappeler que le Liban a été le premier pays à condamner l’invasion irakienne du Koweït (en août 1990), et il semble que ce geste reste gravé dans la mémoire de chaque Koweïtien jusqu’à ce jour. »
« Pour le moment, nous sommes encore en discussions avec la partie koweïtienne sur les questions militaires, et nous annoncerons ce soutien ultérieurement, une fois décidé », a-t-il conclu.



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