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Politique - Diplomatie

Finul : entre réticences américaines et enjeux de crédibilité, l’ONU plaide pour la continuité de sa mission au Liban-Sud

Un porte-parole des opérations de maintien de la paix de l’ONU basé à New York répond aux questions de « L’Orient Le Jour ».

Des soldats libanais et des Casques bleus de la Finul à Kfarchouba, au Liban-Sud, le 26 août 2024. Photo Mohammad Yassine

À l'approche d’un vote crucial au Conseil de sécurité sur le renouvellement du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), prévu le 29 août, les États-Unis, alliés stratégiques d’Israël, expriment des doutes sur l’efficacité et le coût de sa mission, tandis que la France et la majorité des membres du Conseil défendent son maintien. Entre pressions régionales, attentes libanaises et insistance de l'ONU sur la nécessité d’une présence impartiale au Liban-Sud, l’avenir de la mission internationale reste suspendu aux équilibres diplomatiques.

Face à ces réticences, les Nations unies défendent la pertinence de la Finul et insistent sur la nécessité de sa présence dans un contexte régional extrêmement volatile. Un porte-parole des opérations de maintien de la paix de l’ONU basé à New York répond aux questions de L’Orient-Le Jour.

Financement et durabilité

Qui financera la mission si le soutien des États-Unis est retiré ? Son ampleur actuelle peut-elle être maintenue ?

« Toutes les opérations de maintien de la paix préparent des plans de contingence afin de faire face à d’éventuelles baisses de financements dans le cas où les États membres ne s’acquitteraient pas de leurs contributions. Les délibérations internes des Nations unies sur ces scénarios sont encore en cours. Étant donné la liquidité déjà contrainte, une diminution des fonds aurait un impact sur la continuité opérationnelle, la planification et la livraison en temps voulu des tâches prévues par le mandat. »

Crédibilité du mandat

La Finul dissuade-t-elle encore l’escalade et garantit-elle la liberté de mouvement, ou est-elle réduite à un rôle symbolique ?

« Conformément à son mandat du Conseil de sécurité, la Finul appuie les parties dans la mise en œuvre de la résolution 1701 (2006), notamment en surveillant la cessation des hostilités, en assurant la liaison et la coordination, et en facilitant le déploiement des Forces armées libanaises dans le sud du Liban. Pendant les hostilités, la Finul est restée déployée dans un environnement extrêmement difficile, soutenant les efforts de désescalade et l’accès humanitaire. Depuis la cessation des hostilités en novembre 2024, la Finul a adapté sa présence, sa posture et son profil au nouvel environnement opérationnel afin d’exécuter son mandat de la manière la plus efficace possible. La pleine et entière liberté de mouvement de la Mission est essentielle à la mise en œuvre de son mandat. La découverte par la Finul de 293 caches d’armes (de novembre 2024 à juillet 2025) et son accès élargi dans la zone d’opérations témoignent de son impact concret sur le terrain. La Finul a également facilité le déploiement de 8 300 soldats des forces armées libanaises, ce qui est crucial pour l’extension de l’autorité de l’État et la prévention d’activités hostiles dans le sud du Liban. »

Désarmement du Hezbollah

Quelle crédibilité accorder à l’engagement du Liban de désarmer le Hezbollah avant la fin de l’année, et quel rôle peuvent jouer la Finul ou les forces armées libanaises ?

« Les Nations unies saluent les efforts du gouvernement libanais visant à renforcer le monopole de l’État sur les armes, comme l’exige la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité. L’ONU continuera de travailler avec le gouvernement libanais, y compris les forces armées libanaises et toutes les parties prenantes concernées, pour créer les conditions propices à une sécurité et une stabilité accrue au Liban. Conformément à son mandat, la Finul continuera de soutenir les forces armées libanaises dans la lutte contre les armes non autorisées dans le sud du Liban, notamment en découvrant des caches d’armes et des infrastructures militaires illégales. La Finul poursuit également son appui au renforcement des capacités de l’armée libanaise, notamment par des formations. »

Position d’Israël


Comment traiter les violations de l’espace aérien par Israël et ses attentes en matière de sécurité dans le cadre du renouvellement du mandat ?

« La pleine mise en œuvre de la résolution 1701 par le Liban et Israël reste cruciale pour atteindre une paix et une stabilité durables le long de la Ligne bleue. Le gouvernement libanais doit étendre l’autorité de l’État sur son territoire et faire respecter le monopole de l’État sur les armes. Les Forces de défense israéliennes doivent se retirer complètement au sud de la Ligne bleue et cesser leurs violations de celle-ci. Les deux parties doivent respecter intégralement la Ligne bleue. L’ONU continue de soutenir les deux parties dans l’accomplissement de leurs obligations au titre de la résolution 1701. »

Orientation future


La Finul doit-elle être réduite en mission technique ou renforcée par une coopération accrue avec les forces armées libanaises ?

« Il appartient au Conseil de sécurité de l’ONU de décider des mandats des opérations de maintien de la paix. Dans la phase délicate actuelle sur le terrain, la présence continue d’une force de maintien de la paix impartiale est essentielle pour collaborer avec les parties, contribuer à prévenir les tensions et créer des conditions favorables au dialogue politique en vue d’un cessez-le-feu permanent. La Finul continue d’adapter ses opérations afin de soutenir le plus efficacement possible les parties dans la mise en œuvre de la résolution 1701. »

Ce renouvellement du mandat de la Finul, au cœur d’enjeux diplomatiques et sécuritaires majeurs, illustrera une fois de plus les divergences persistantes entre Washington, Paris, Tel-Aviv et Beyrouth sur l’avenir du Liban-Sud.

À l'approche d’un vote crucial au Conseil de sécurité sur le renouvellement du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), prévu le 29 août, les États-Unis, alliés stratégiques d’Israël, expriment des doutes sur l’efficacité et le coût de sa mission, tandis que la France et la majorité des membres du Conseil défendent son maintien. Entre pressions régionales, attentes libanaises et insistance de l'ONU sur la nécessité d’une présence impartiale au Liban-Sud, l’avenir de la mission internationale reste suspendu aux équilibres diplomatiques.Face à ces réticences, les Nations unies défendent la pertinence de la Finul et insistent sur la nécessité de sa présence dans un contexte régional extrêmement volatile. Un porte-parole des opérations de maintien de la paix de l’ONU...
commentaires (4)

Que faire? Si la FINUL s’en va, le Liban va être livré aux génocidaires.

Mago1

07 h 35, le 24 août 2025

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Commentaires (4)

  • Que faire? Si la FINUL s’en va, le Liban va être livré aux génocidaires.

    Mago1

    07 h 35, le 24 août 2025

  • On comprend pourquoi Trump veut réduire la contribution US â l'ONU. S'ils sont tous á coté de la plaque comme ça á New York c'est peine perdue de financer.

    Moi

    18 h 48, le 23 août 2025

  • Réponse typique d'un fonctionnaire qui n'est ni préoccupé par les résultats ni par les couts mais uniquement par le maintien de son activité. Si vous aviez posé les memes questions á un archiviste au ministère du plan sous brejnev vous auriez eu les mêmes réponses.

    Moi

    18 h 46, le 23 août 2025

  • A Chypre il y a l’ONU depuis 1974 et ça marche bien

    Eleni Caridopoulou

    17 h 57, le 23 août 2025

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