Cette photo prise depuis le côté libanais montre une barrière qui sépare le sud du Liban du nord d’Israël. Ali Dia/AFP
Le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé jeudi que le citoyen israélien Saleh Abou Hussein, détenu au Liban depuis environ un an, était rentré en Israël à la suite de négociations menées avec l'aide de la Croix-Rouge. La Direction générale de la Sûreté générale (DGSG) a confirmé cette information dans un communiqué diffusé jeudi soir.
Les services de M. Netanyahu se sont réjouis du retour de cet homme, un Arabe israélien, évoquant « une avancée positive et un signe encourageant pour l'avenir », selon un message publié sur X. Le bureau du Premier ministre n'a pas divulgué de détails sur les circonstances de la détention de Abou Hussein. Toutefois, son avocate a indiqué à la chaîne libanaise LBCI qu'il était détenu depuis « plus de 13 mois, pour avoir franchi la frontière de manière illégale, par erreur ». « Il a essayé de nager pour rentrer, mais s'est perdu », a-t-elle précisé. « Il n'y a pas de dossier sur lui devant le tribunal militaire et la justice libanaise », a-t-elle ajouté.
Dans son communiqué, la Sûreté générale libanaise a annoncé avoir remis dans la matinée, « le Palestinien Saleh Abou Hussein, porteur d’une carte d’identité de l’entité ennemie israélienne, au Comité international de la Croix-Rouge, en vue de son retour vers les territoires palestiniens occupés ». La DGSG précise que l’homme est un Arabe israélien qui était entré « de manière illégale sur le territoire libanais au mois de juillet 2024, à travers la frontière avec la Palestine occupée, et a été arrêté par l’armée libanaise ». Elle ajoute qu’« une enquête a révélé qu’aucun soupçon sécuritaire n’a été établi contre lui ».
« On ne peut accepter le prétexte qu'il serait d'origine arabe »
Régissant à cette annonce, le député du mouvement chiite Amal, Kassem Hachem, s'est étonné dans un communiqué que « la libération d’un citoyen israélien intervienne après une année de captivité, sans aucun communiqué ni annonce ». « Selon quelle justification est-il relâché sans qu’aucune tentative ne soit faite pour libérer les prisonniers libanais des geôles de l’ennemi ? On ne peut accepter le prétexte qu’il serait d’origine arabe. Celui qui détient la nationalité et la carte d’identité de l’ennemi reste l’ennemi, quelle que soit son appartenance », selon M. Hachem, qui a appelé à « se saisir de toute opportunité afin de rendre la liberté à nos jeunes (détenus en Israël) et de les ramener » au Liban.
Lui emboîtant le pas, le député du Hezbollah Ibrahim Moussaoui s'est dit « surpris, comme l’ont été les Libanais, par l’annonce de l’ennemi israélien selon laquelle il a reçu un Israélien des autorités libanaises, dans une démarche unilatérale au cours de laquelle le Liban n’a récupéré aucun de ses citoyens détenus par l’ennemi ». « Cela soulève de profondes interrogations et de sérieux doutes quant à la négligence du pouvoir et à son incapacité à tirer profit de l’occasion qui s’offrait pour mener à bien un échange avec la partie adverse » a-t-il insisté dans un communiqué.
Dénonçant « l’incapacité (des autorités libanaises) à assumer convenablement leurs responsabilités », M. Moussaoui a accusé l'État d'avoir « envoyé un message de honte et de trahison (...) au peuple libanais », la libération du prisonnier israélien. « L'État ne se soucie pas (de son peuple) et ne sait pas exploiter les cartes de force dont il dispose, les gaspillant gratuitement, tandis que l’ennemi occupant persiste dans ses crimes, ses agressions et ses violations », poursuit le message du membre du Hezbollah. Il appelle enfin les autorités libanaises à « expliquer au peuple libanais, en particulier aux familles des prisonniers, la réalité de ce qui s’est passé de manière claire et complète ».
La question de la présence de détenus israéliens au Liban n'a pas été évoquée ces derniers mois dans le cadre des discussions sur l'application des modalités du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, contrairement au dossier des détenus libanais enlevés pendant l'offensive terrestre israélienne et qui restent emprisonnés en Israël. Leur libération fait partie des mesures à appliquer dans la feuille de route de l'émissaire américain Tom Barrack pour l'application de la trêve.
Les infiltrations transfrontalières de civils israéliens en territoire libanais sont rares. Des groupes de colons ultranationalistes militant pour l'établissement de colonies sont entrés à plusieurs reprises au Liban-Sud pendant les échanges de tirs, les frappes quotidiennes et l'invasion israélienne, entre septembre et novembre 2024.



A l'olj et à la presse libanaise en général, le nom du citoyen en question soulève plus de questions que de réponses. Si on ajoute à ça les non news sur les conditions de son interpelation et sa détention, il y a beaucoup de zones d'ombres. Donc faites votre métier les journalistes et allez à la peche aux informations (crédibles). Ne serait ce que pour que les lecteurs aient un ROI sur leurs abonnements.
09 h 56, le 22 août 2025