Un pylône de ligne à haute tension au Liban, à Daychouniyé, le 29 août 2024. Photo d'illustration Philippe Hage Boutros / L'Orient-Le Jour
Le fournisseur public de courant Électricité du Liban (EDL) a fait état jeudi de dégâts sur ses principales lignes de transport électriques dans plusieurs régions du pays, et surtout dans le Nord et le Akkar, en raison de tirs à balles réelles. Le communiqué d'EDL a été publié au lendemain d'informations selon lesquelles une balle perdue avait grièvement blessé une femme enceinte à Bebnine, tuant son fœtus de neuf mois.
Dans un communiqué, EDL a dénoncé des tirs dans plusieurs villages du Nord et du Akkar où passent notamment des lignes de transport de 220 kV, « ce qui a entraîné la chute de câbles de protection et endommagé de nombreux conducteurs ». Cette situation met à risque « la sécurité des installations et la sécurité publique », et provoque des dégâts « considérables » sur le réseau électrique, notamment en ce qui concerne les lignes principales « qui alimentent l'ensemble des gouvernorats du Liban-Nord et du Akkar ». Le fournisseur a dans ce cadre appelé les citoyens à « cesser de tirer sur les lignes à haute tension », un phénomène qui pourrait priver les régions du nord de courant. Il a également appelé les autorités à enquêter sur ces incidents, qui « entraînent des coûts supplémentaires » pour le fournisseur, déjà sous pression et en crise.
Bien qu’illégaux, les tirs « de célébration » sont très fréquents au Liban. En mai dernier, le Parlement libanais avait adopté une loi qui durcit les peines liées aux tirs de joie, à travers un amendement à la loi de 2016, sans que ces peines renforcées ne semblent décourager les tireurs. Les peines pour tirs vont d’un à six ans de prison, voire 20 ans de travaux forcés et une amende s’ils font des morts. Malgré cette législation, les tirs de joie ou à l’occasion de deuils restent monnaie courante. Selon le centre de recherche Information International basé à Beyrouth, entre 2010 et 2021, les balles perdues ont causé en moyenne sept morts et 15 blessés par an.


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