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Jean-Louis Mainguy nous a quittés ce 14 août, bien trop tôt… Un homme de ma génération, curieux et visionnaire, dont la vie fut un pont entre l’élégance de la création architecturale, la passion musicale et scénique, et une foi profonde.
Je l’ai rencontré alors qu’il était fraîchement diplômé de l’ALBA et qu’il débutait comme architecte d’intérieur dans le bureau de Serge Brunst. Très vite, il prit son envol : en 1980, il fonde la société Jean-Louis Mainguy Architecture d’intérieur, qui devient une référence, en particulier au Liban, son pays de cœur. Ses projets de Paris à Beyrouth, de Riyad à Londres, mêlaient objets de collection et art contemporain avec élégance et une note théâtrale.
Fils de Marc Henry Mainguy, grand journaliste culturel au journal L’Orient, il a hérité le goût de la culture et de la musique, qui ont profondément marqué son parcours. C’est avec lui qu’il découvrit dès son jeune âge les spectacles du Festival de Baalbeck.
Son amour pour la scène l’a conduit à collaborer avec Feyrouz, pour ses concerts à Beiteddine et au centre-ville de Beyrouth après la guerre – une expérience qu’il aimait raconter.
Jean-Louis Mainguy, lors du tournage de « Shine on Lebanon », Festival de Babalbeck. Photo DR
Depuis plusieurs années, Jean-Louis était conseiller artistique puis vice-président du Festival international de Baalbeck. Travailler à ses côtés était tellement enrichissant ! En pleine pandémie, il mit en scène pour le festival un moment mémorable – Sound of Resilience – un concert dirigé par Harout Fazlian sans public dans le temple de Bacchus, qui a été regardé par 14 millions de spectateurs sur les écrans du monde. Après le drame du 4 août 2020, il organisa en quelques jours le concert – Recollect Beirut – dans les jardins de la Villa Sursock, un palais très endommagé par l’explosion. Enfin, toujours en période de Covid, il dirigea artistiquement « Shine on Lebanon », des mini-concerts de la scène émergente libanaise, dans multiples temples romains de la Békaa.
À un tournant de sa vie, Jean-Louis rejoignit l’ordre souverain de Malte. Il fit le choix du dépouillement et consacra son énergie aux causes humanitaires. Il prononça ses vœux perpétuels et devint chevalier de Justice. Ces dernières années, il les a passées à Malte consacrant plus de la moitié de son temps à l’étude de la rénovation du Fort San Angelo, « le projet d’une vie », disait-il.
Créatif, brillant, sensible, raffiné, Jean-Louis a su inspirer, réaliser, créer des liens entre la culture, le sacré et l’humanité.
Merci, Fra’ Jean-Louis, toi l’ami, l’architecte de beauté et de lumière (un mot que tu aimais utiliser). Tu vas terriblement nous manquer, mais ton enseignement restera.
Nayla DE FREIGE
Présidente du Festival
international de Baalbeck

