Le président du Parlement libanais, Nabih Berry. Photo Nabil Ismaïl
Le président du Parlement, Nabih Berry, a minimisé mercredi le tollé suscité par la visite du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, au Liban, affirmant en outre que le Hezbollah « n'a pas disparu » et qu'il reste une « composante majeure » du pays, qu'il faut considérer comme telle lors des discussions sur le monopole des armes et le désarmement.
Dans des propos au quotidien an-Nahar, Nabih Berry a appelé à « la patience », soulignant que « l’Iran est un ami du Liban et le restera, compte tenu de sa position influente dans la région. » La visite de Larijani intervient alors que l’Iran a exprimé à plusieurs reprises, ces derniers jours, son opposition à la décision du gouvernement de désarmer le Hezbollah, soutenu par Téhéran. La position de l’Iran a provoqué des réactions de plusieurs protagonistes mais aussi du ministère des Affaires étrangères, dirigé par Joe Raggi, issu de la quote-part des Forces libanaises au sein du cabinet, qui a condamné des « ingérences » de Téhéran.
Berry appelle à un « examen » des déclarations US sur le Liban
Selon le Nahar, M. Berry a affirmé ne pas être surpris par la levée de boucliers contre la visite d'Ali Larijani, qui a lieu « sur la base d’ordres venus de l’étranger, animés par un lobby actif à l’intérieur du pays », selon lui. « Si ceux qui s’y opposent peuvent empêcher sa venue, qu’ils le fassent. S’il y a objection aux déclarations iraniennes au motif qu’elles portent atteinte à la souveraineté libanaise, nous invitons (les détracteurs de l' « axe de la résistance », ndlr) à un examen approfondi des déclarations de responsables américains parmi d'autres, » a-t-il poursuivi. Nabih Berry a en outre démenti avoir approuvé la résolution du gouvernement sur les armes, précisant : « Tout ce que j’ai demandé, c’est de reporter le premier Conseil des ministres du [5 au 7 août], mais ils ne m’ont pas écouté. »
Lors de la séance du 5 août, le gouvernement libanais a chargé l'armée de préparer un plan pour désarmer le Hezbollah d’ici la fin de l’année. L’armée doit présenter le plan au cabinet d’ici fin août. Deux jours plus tard, le cabinet, à l’exception de ses ministres chiites, a approuvé l’adoption d’un plan américain prévoyant notamment des étapes précises pour le désarmement du Hezbollah. Le parti chiite et ses alliés ont décrié ces décisions et notamment le fait que le plan provienne de Washington, via l'émissaire américain Tom Barrack.
À ce sujet, le chef du Législatif a souligné que « le Hezbollah n’a pas disparu et reste l’un des plus grands partis du Liban malgré tout ce qu’il a traversé... On ne gère pas ainsi un acteur politique et une communauté majeure du pays ». Le parti milice a été considérablement affaibli par la guerre qui l’a opposé à Israël d’octobre 2023 à novembre 2024, et de nombreux dirigeants du groupe ont été tués au cours du conflit, dont son ancien secrétaire général, l'emblématique Hassan Nasrallah.
Il a encore souligné que « ce qu’il faut, c’est de la patience et de la détermination pour affronter Israël et ses plans, qui visent l’ensemble du Liban. »
En dépit d’un accord de cessez-le-feu conclu en novembre dernier, Israël poursuit des frappes quasi quotidiennes, principalement dans le Sud, et occupe encore cinq positions à l’intérieur du territoire libanais. Le « plan Barrack » prévoit un retrait de l'armée israélienne du territoire libanais ainsi que la libération des prisonniers encore dans les geôles israéliennes depuis la dernière guerre, des revendications portées par le tandem chiite.


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Logiquement Berri a raison , , on ne devrait accepter aucune ingérence, qu'elle provienne de l'Est ou de l'Ouest : C'est cela la vraie souveraineté de l'État .
12 h 35, le 14 août 2025