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Dernières Infos - Diplomatie

Désarmement du Hezbollah : Ali Larijani attendu au Liban mercredi

Des députés des FL et du parti Kataëb ont critiqué la visite prévue.

Des soldats déployés dans la banlieue sud de Beyrouth lors d'un convoi du Hezbollah, le 7 août 2025. Photo AFP / IBRAHIM AMRO

Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de l'Iran se rend lundi en Irak puis arrive au Liban mercredi, une semaine après que le gouvernement a approuvé un plan pour désarmer le Hezbollah, allié de Téhéran, a annoncé un média d'Etat iranien. 

« Ali Larijani part aujourd'hui (lundi) pour l'Irak puis le Liban pour une visite de trois jours, ses premiers déplacements à l'étranger depuis sa prise de fonctions » la semaine dernière, a indiqué la télévision d'Etat. Le proche conseiller du guide suprême se rendra à Beyrouth mercredi, rapporte la chaîne saoudienne al-Hadath.

« Le Liban est l’un des pays importants et influents de la région et d’Asie occidentale. Nous entretenons depuis longtemps des relations civilisationnelles et historiques avec son peuple et son gouvernement » a-t-il déclaré à l’agence de presse iranienne IRNA dimanche. Evoquant une « coopération large et ancienne avec le gouvernement et le peuple libanais », il a dit avoir « également des consultations sur diverses questions régionales », sans élaborer davantage sur ce point. Interrogé plus spécifiquement sur sa visite à Beyrouth, M. Larijani a souligné que les « positions de (l'Iran) au Liban sont connues depuis longtemps : nous considérons que l’unité nationale au Liban est d’une importance capitale et qu’il faut la préserver en toutes circonstances », ainsi que « la souveraineté et l’indépendance du Liban (qui) ont toujours été au centre de notre attention ». « Le renforcement des relations commerciales entre les deux pays est également l’une des autres questions importantes auxquelles nous attachons de l’importance » a-t-il ajouté. « Le Liban a une longue histoire dans la gestion de telles situations (sensibles) et a récemment mené une confrontation intense avec l’entité sioniste, tout comme nous-mêmes avec cette entité. C’est pourquoi ce type de dialogues peut toujours contribuer à instaurer la stabilité dans la région », a conclu celui qui était il y a quelques jours encore conseiller principal du guide suprême Ali Khamenei, avant d'endosser ses nouvelles fonctions.

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Concernant l'Irak, Ali Larijani a précisé avoir « préparé un accord sécuritaire », qui sera signé durant sa visite à Bagdad. Il a estimé cela « extrêmement important, car la vision et la méthode de l’Iran dans ses relations avec ses voisins reposent sur le principe que la sécurité des Iraniens est prioritaire, tout en accordant également de l’importance à la sécurité des voisins, à la différence de certains pays qui limitent la sécurité à eux-mêmes et ignorent ou nuisent aux autres peuples de la région », dans une allusion probable à Israël. Il a par ailleurs vanté « la coopération entre les deux peuples (...) à un niveau très élevé », dont « l’un des meilleurs exemples en est la commémoration de l’Arbaïn (commémoration chiite qui marque la fin du deuil de l'imam Hussein, quarante jours après sa mort, NDLR) ». 

« Laissez l'Iran en Iran »

Les députés des Forces libanaises Ziad Hawat et des Kataëb Élias Hankache ont fermement critiqué ce déplacement. « Laissez l’Iran en Iran… et le Liban et l’intérêt des Libanais entre les mains des responsables libanais, sous l’égide de l’État, de la Constitution et de l’accord de Taëf », a ainsi écrit M. Hawat, député de Jbeil, sur son compte X. « Ce qui se passe, à savoir l’ingérence flagrante de l’Iran dans l'affaire de la remise des armes du Hezbollah et l’incitation à l’obstination et à la conservation de ces armes, est contraire à la Constitution, aux lois, aux concepts fondateurs de l’État, à l’intérêt libanais et aux usages internationaux », a-t-il ajouté. 

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Même ton utilisé par Élias Hankache, qui évoque « l'audace de l'Iran ». « L'Iran incite le Hezbollah à ne pas remettre ses armes, le pousse à davantage de guerres et de destruction du Liban, à davantage de déplacements forcés, à davantage de meurtres et de sang… tandis qu’il négocie avec celui qu’il qualifie de « Grand Satan ». Et voilà que nous parvient la nouvelle de la visite de Larijani… De l'insolence au-delà de l'insolence », a-t-il publié sur son compte X. 

De son côté, l'ancien président Michel Sleiman, aux positions souverainistes connues, a demandé à ce que « le visiteur (iranien) apporte avec lui une clarification officielle concernant les positions de Téhéran exprimées après la récente décision du gouvernement au sujet de l’exclusivité des armes », précisant que cette « clarification devrait constituer une condition essentielle pour rencontrer tout responsable, afin qu’une position libanaise claire et explicite soit adoptée sur la question de l’ingérence dans les affaires intérieures ». 

Accusations d'ingérence

Samedi, un conseiller du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait déclaré que son pays s'opposait « certainement » à la décision du gouvernement libanais de désarmer le Hezbollah. Le ministère libanais des Affaires étrangères a en retour condamné une « ingérence flagrante et inacceptable » de l'Iran dans les affaires intérieures du Liban. Mercredi, Téhéran avait déclaré qu'il soutiendrait toute décision prise par le Hezbollah, très affaibli par sa dernière guerre contre Israël et la chute de son ancien allié Bachar el-Assad en Syrie.

Et lundi, rajoutant une couche, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a indiqué que « l’Iran soutient le droit du Liban à se défendre face à Israël », estimant que l’exercice de ce droit n’est pas possible sans disposer de capacités armées et militaires. Il a affirmé croire que les décisions en la matière « relèvent des affaires intérieures libanaises », et que le peuple de ce pays, avec toutes les composantes de la société libanaise, doit déterminer ses intérêts nationaux à travers les procédures légales et reconnues, et agir en conséquence.

Une guerre de 12 jours a opposé en juin l'Iran et Israël, déclenchée par une campagne israélienne de frappes sans précédent en territoire iranien, à laquelle Téhéran a riposté par des tirs de missiles et des attaques de drones.

Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de l'Iran se rend lundi en Irak puis arrive au Liban mercredi, une semaine après que le gouvernement a approuvé un plan pour désarmer le Hezbollah, allié de Téhéran, a annoncé un média d'Etat iranien. « Ali Larijani part aujourd'hui (lundi) pour l'Irak puis le Liban pour une visite de trois jours, ses premiers déplacements à l'étranger depuis sa prise de fonctions » la semaine dernière, a indiqué la télévision d'Etat. Le proche conseiller du guide suprême se rendra à Beyrouth mercredi, rapporte la chaîne saoudienne al-Hadath.« Le Liban est l’un des pays importants et influents de la région et d’Asie occidentale. Nous entretenons depuis longtemps des relations civilisationnelles et historiques avec son peuple et son...