Des femmes kurdes syriennes portent des pancartes lors d'une marche de soutien avec Soueida, dans la ville orientale de Qamishli, le 17 juillet 2025. Photo Delil SOULEIMAN / AFP
Le pouvoir syrien à Damas ne participera pas aux réunions prévues avec les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, à Paris, a annoncé samedi l’agence de presse officielle syrienne SANA, citant une source gouvernementale, ce qui jette ainsi le doute sur un accord d’intégration signé entre les deux parties en mars.
Les FDS ont été la principale force combattante alliée aux États-Unis en Syrie lors des combats qui ont permis de vaincre l'État islamique (EI) en 2019, après que le groupe avait déclaré un califat sur une grande partie de la Syrie et de l'Irak.
En mars dernier, les FDS ont signé un accord avec le nouveau gouvernement islamiste à Damas pour rejoindre les institutions étatiques. Cet accord vise à unir un pays morcelé par 14 années de guerre, ouvrant la voie à l’intégration des forces dirigées par les Kurdes, qui contrôlent un quart du territoire syrien, dans les structures de Damas, ainsi qu’à celle des instances régionales kurdes. L’accord ne précise toutefois pas comment les FDS seront intégrées aux forces armées syriennes. Les FDS ont auparavant affirmé que leurs combattants devraient rejoindre en bloc, tandis que Damas souhaite qu’ils s’intègrent individuellement.
La source citée par l’agence SANA a affirmé que Damas ne participerait pas à des négociations avec toute partie cherchant à «raviver l’ère de l’ancien régime». Cette déclaration faisait suite à un forum organisé vendredi par le groupe kurde qui administre le nord-est de la Syrie, au cours duquel il a été demandé de réviser la déclaration constitutionnelle émise plus tôt cette année par le président syrien Ahmad el-Chareh. Les participants ont également critiqué le gouvernement de Damas pour les affrontements confessionnels survenus dans la province méridionale de Soueida et dans la région côtière de Lattaquié. « La déclaration constitutionnelle actuelle ne répond pas aux aspirations du peuple syrien (…) elle devrait être révisée afin de garantir un processus participatif plus large et une représentation équitable durant la période de transition », indiquait le communiqué final publié à l’issue du forum.
La même source a déclaré à SANA que ce forum ressemblait à une tentative de présenter des propositions contraires à l’accord de mars et que le gouvernement syrien n’assisterait pas aux réunions prévues à Paris avec ce groupe. Aucun autre détail n'a été donné sur ces réunions, qui n’avaient pas été annoncées auparavant. La source a encore accusé le groupe kurde d’accueillir « des figures séparatistes engagées dans des actes hostiles » et a tenu les FDS pour entièrement responsables de ses implications, y compris le rétablissement de sanctions et « l’appel à une intervention étrangère ».
Ce différend s’ajoute à un conflit récent entre l’administration syrienne et les FDS, après des affrontements survenus plus tôt en ce mois d'août à Manbij.


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08 h 55, le 10 août 2025