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Culture - Concert

Quand la pop devient exutoire : Jason Derulo embrase le Liban adolescent

Dans une atmosphère survoltée, l’icône pop américaine a transformé le Festival de Byblos en une fête déchaînée, où la jeunesse libanaise a chanté, dansé et crié son besoin vital de légèreté.

Quand la pop devient exutoire : Jason Derulo embrase le Liban adolescent

L’artiste américain d’origine haïtienne Jason Derulo, 35 ans, parmi ses fans au Festival international de Byblos. Press Photo Agency

Mercredi soir, l’artiste américain d’origine haïtienne Jason Derulo, 35 ans, a littéralement embrasé la scène du Festival international de Byblos, où quelque 4 000 spectateurs – en majorité des adolescents – s’étaient massés pour assister à son concert. Une foule compacte, frénétique, vibrant au rythme des tubes anciens et récents du chanteur, repris en chœur durant deux heures de spectacle non-stop. Face à l’affluence inattendue de jeunes et de petites têtes brunes, les organisateurs ont dû aménager un espace dédié, sans alcool, encadré par des adultes pour garantir leur sécurité dans une ambiance électrique digne d’un raz-de-marée humain.

Intitulée « Madness » (folie ) – dans le sens le plus joyeux du terme – la soirée a commencé vers 22h30, après une longue attente fébrile. Ni les tensions politiques, ni les missiles frappant le sud du Liban, ni les querelles intestines, ni les appels à la souveraineté exclusive de l’État sur les armes, n’ont dissuadé le public. En ces temps incertains, la jeunesse libanaise est venue chercher un exutoire. Après une édition annulée l’an dernier en raison de la situation du pays, le retour du festival s’est voulu une célébration libérée, euphorique, fédératrice.

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Plus qu’un concert, c’est un show à l’américaine qui a été offert aux festivaliers : grandiose, spectaculaire, festif, coloré, mêlant pop, R&B et hip-hop, porté par une scénographie léchée, des chorégraphies sensuelles millimétrées, une projection vidéo en parfaite harmonie avec chaque note. Rien d’artificiel ou de répétitif : tout était calibré, sans vulgarité. Et surtout, habité d’une sincérité rare. Car Derulo, sincère il l’est. Lorsqu’il chante Spicy Margarita, Tonight, Make Me Happy, Bumpa, Animal, lorsqu’il danse, lorsqu’il se livre. Sur scène, il dégage cette énergie brute et contagieuse qui n’est pas sans rappeler celle de Michael Jackson – son idole depuis l’âge de quatre ans.

Sur scène, Derulo dégage cette énergie brute et contagieuse qui n’est pas sans rappeler celle de Michael Jackson , son idole depuis l’âge de quatre ans. Press Photo Agency
Sur scène, Derulo dégage cette énergie brute et contagieuse qui n’est pas sans rappeler celle de Michael Jackson , son idole depuis l’âge de quatre ans. Press Photo Agency


 « C’est le plus beau concert de ma vie » 

Jason Derulo n’est pas seulement chanteur. Il est auteur, compositeur, danseur, chorégraphe, producteur… un artiste complet, qui tourne actuellement dans le cadre d’une tournée mondiale. Depuis ses débuts à 16 ans, il a collaboré avec des noms prestigieux comme Sean J. Combs, Danity Kane, Sean Kingston, Lil Wayne ou encore Cassie. Son ambition : briller dans la pop, le R&B et le hip-hop, sans jamais perdre son authenticité.

Sur scène à Byblos, les cris, les larmes, les évanouissements parfois témoignaient d’un lien profond entre l’artiste et son public. « C’est le plus beau concert de ma vie », lançait un adolescent, bouleversé. L’enthousiasme était palpable, nourri aussi par une culture TikTok omniprésente : vêtements, mimiques, chorés virales… tout y était. Derulo, lui, a su capter cette époque. Il l’a apprivoisée. Il en a fait son levier. Grâce à ses vidéos, ses sketchs et ses chansons diffusées sur les réseaux, il a élargi sa communauté de fans à l’échelle planétaire.

Atmosphère survoltée avec Jason Derulo et ses danseuses. Press Photo Agency
Atmosphère survoltée avec Jason Derulo et ses danseuses. Press Photo Agency


En 2020, lassé des contraintes des grandes maisons de disques, il décide de quitter Warner Bros. après près d’une décennie de collaboration. Il veut écrire, produire, chanter ce qui lui ressemble. Fini les formules préfabriquées. Il mise alors sur l’indépendance et enchaîne les singles à succès. Lorsqu’il sort Nu King, son album le plus personnel, il déclare : « Je me vois comme un artiste en constante évolution. Je n’ai pas de limites. Si on commence à m’en imposer, ça ne fonctionnera pas. »

C’est un pari risqué qu’il remporte haut la main. Ses titres en solo explosent sur YouTube. La machine Derulo, loin de s’essouffler, s’impose comme une référence mondiale. Au point que, fort de ses 250 millions de disques vendus, il réintègre en conquérant le giron de Warner… par sa grande porte : Atlantic Records, maison historique d’Aretha Franklin, Ray Charles ou Led Zeppelin. Depuis, il enchaîne les hits, les tournées et les collaborations, tout en gardant les pieds sur terre : « Il était temps que je trouve un vrai partenaire. Je voulais confier ma musique à des gens qui en prendraient soin. »

Quatre mille spectateurs sur le vieux port de Jbeil pour le concert de Jason Derulo. Press Photo Agency
Quatre mille spectateurs sur le vieux port de Jbeil pour le concert de Jason Derulo. Press Photo Agency


Jason Derulo est aujourd’hui l’un des rares artistes à avoir dominé les classements musicaux deux décennies d’affilée. Un exploit qui s’explique par sa persévérance, son flair, sa maîtrise des codes contemporains et, surtout, par ce lien unique qu’il entretient avec ses fans, à Byblos comme partout ailleurs dans le monde.

Mercredi soir, l’artiste américain d’origine haïtienne Jason Derulo, 35 ans, a littéralement embrasé la scène du Festival international de Byblos, où quelque 4 000 spectateurs – en majorité des adolescents – s’étaient massés pour assister à son concert. Une foule compacte, frénétique, vibrant au rythme des tubes anciens et récents du chanteur, repris en chœur durant deux heures de spectacle non-stop. Face à l’affluence inattendue de jeunes et de petites têtes brunes, les organisateurs ont dû aménager un espace dédié, sans alcool, encadré par des adultes pour garantir leur sécurité dans une ambiance électrique digne d’un raz-de-marée humain.Intitulée « Madness » (folie ) – dans le sens le plus joyeux du terme – la soirée a commencé vers 22h30, après une longue attente fébrile. Ni les...
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