Le drapeau des États-Unis. Photo AFP.
Les États-Unis finalisent leur rapport annuel sur les droits humains dans le monde qui devrait se démarquer de ceux des précédentes administrations. Atténuant ses critiques à l'encontre du Salvador, d'Israël et de la Russie, le rapport devrait viser en particulier la liberté d'expression en Europe, a fait savoir un haut responsable du département d'État.
Ce rapport met traditionnellement en lumière l’emprisonnement de dissidents, les droits des femmes, et les exécutions extrajudiciaires dans des États à gouvernements autoritaires, suscitant généralement une réplique de la part de pays comme la Chine. Mais le premier rapport sous la présidence de Donald Trump semble vouloir minimiser les abus commis par des gouvernements proches de son administration, selon le Washington Post, qui affirme avoir eu accès à des versions préliminaires ayant fuité.
La section concernant le Salvador, dont le président autoritaire Nayib Bukele a accepté des migrants expulsés des États-Unis sans procès, indique que le pays n’a connu « aucun rapport crédible d’atteintes graves aux droits humains » en 2024, selon le Post. Les organisations de défense des droits dénoncent pourtant des arrestations de masse et un système carcéral abusif dans ce pays d’Amérique centrale. Le Post indique que, bien que des références aux atteintes aux droits humains soient toujours présentes, chaque section est considérablement raccourcie.
La liberté d'expression « recule » en Europe
« Je pense que l'administration précédente (du démocrate Joe Biden, ndlr) ne s'est pas concentrée sur la liberté d'expression avec nos alliés et partenaires, et nous n'hésitons pas à le faire dans cette administration », a déclaré à des journalistes un haut responsable sous couvert de l'anonymat avant la publication très attendue du rapport. Il a indiqué que l'administration Trump entendait avoir des « discussions franches avec nos partenaires et alliés sur ce que nous considérons comme de la censure ou défavorisant certaines voix, qu'elles soient politiques ou religieuses ». Le haut responsable du département d'État n'a pas cité d'exemples ni de pays mais a fait valoir que le vice-président américain JD Vance a lui-même plaidé cette cause en Europe et dit vouloir « des conversations directes avec nos alliés, même si cela s'avère difficile ». « Je pense que la liberté d'expression est un sujet qui a vraiment été, je dirais, en recul dans certains pays », a-t-il encore dit.
Le vice-président américain avait consterné les Allemands et, plus généralement, les Européens, lors d'un discours à Munich en février dernier dans lequel il avait affirmé que la liberté d'expression « reculait » en Europe, et épousé les vues des partis comme l'AfD, récemment classé « extrémiste de droite » par les renseignements intérieurs allemands. Brossant un tableau de la situation des droits humains dans le monde, pays par pays, le rapport annuel du département d'État américain, qui heurte bien souvent nombre de gouvernements, est généralement publié au printemps. Mais il n'a pas encore été rendu public car la nouvelle administration Trump s'est attachée à le « restructurer » et à le rendre plus lisible, selon le responsable.
Des élus de l'opposition démocrate se sont inquiétés la semaine dernière que le rapport s'aligne en fait sur la politique de Donald Trump qui, depuis son retour au pouvoir en janvier dernier, a fait, par exemple, une priorité de la lutte contre les politiques de promotion des diversités ethniques ou sexuelles. « Les mesures prises par l'administration Trump pour édulcorer et politiser ces rapports compromettent leur objectif même et nuisent à la crédibilité du département d'État lui-même », a fustigé le sénateur démocrate Chris van Hollen, selon un communiqué.


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