D.R.
Nada Sattouf a séjourné au Québec entre 2002 et 2012, avant d’y revenir en 2022. Elle a été professeure de langue et de littérature françaises à l’Université libanaise. Elle est l’autrice de deux recueils publiés à Beyrouth aux éditions Al-Jadid, puis de quatre autres parus aux éditions Poètes de brousse : Mémoires et un sommeil (2007), Bayt (2009), Le Mur (2011) et Le Portrait de ma mère (2014). En 2018, elle publie Un veston sur le bras aux éditions Oser Dire, à Beyrouth.
Son plus récent recueil, Requiem d’un après-midi (Éditions Poètes de brousse, 2024), revient sur le jour innommable du 4 août 2020, lorsque Beyrouth fut frappée au cœur : « Beyrouth. 16 heures 7 minutes. 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium. Plus de 200 victimes, 6 500 blessés, 300 000 personnes sans abri. Décombres. »
Nous en publions ici des extraits à l’occasion de la cinquième commémoration de l’explosion du port de Beyrouth.
(…)
au milieu des corps se cognent
hors deux points
plus ou moins mobiles
séance de réanimation ou d’atrophie
pour que si lente soit la lumière
peu à peu sur tempérament
se laver au vin potable
(…)
vacarme des boîtes métalliques
compter les promesses
en chiffes arabes
(…)
***
étendre la liste au chiffre rond
je ralentis ma chute de feuilles laineuses
me lave me polis d’épuisement
fœtal
transfert de ma cendre froideur tiède
bref conte dans un conte
trop de mises en abîme et d’ossement
je rouille à des endroits
surtout jointure oxyde de fer
ce qui gêne le frou-frou des manches
nul ou légèrement