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Politique - Décryptage

Acculé, le Hezbollah face à des choix difficiles


Cette fois, il ne s’agit plus de phrases vagues. Le Hezbollah se sent littéralement mis dos du mur. Pour lui, c’est l’heure des choix difficiles, voire impossibles. C’est un peu ce qu’a voulu dire le député Ali Fayad en déclarant, à l’issue de la visite d’une délégation du Hezbollah chez le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil, que le pire scénario est celui de la transformation du conflit actuel qui consiste en une confrontation avec Israël en un problème interne libanais. Que peut-il faire pour éviter un tel scénario ? Il peut commencer par vouloir gagner du temps, mais au final, son problème reste le même : selon l’équation actuelle, il est pressé d’accepter un calendrier pour la remise de ses armes à l’État. À moins de se diriger vers une confrontation directe avec les forces armées libanaises. Un scénario que le parti affirme rejeter avec force... tout en laissant entendre qu’il faudrait aussi ne pas trop le presser.

Depuis des mois, avec l’entrée en vigueur de l’accord sur le cessez-le-feu le 27 novembre 2024, l’armée et le Hezbollah affirmaient coopérer étroitement et avec succès pour appliquer leur part de cet accord. Dans ce contexte, il faut rappeler que le parti croyait avoir conclu indirectement, par la personne du président de la Chambre, Nabih Berry, un accord satisfaisant qui stipulait qu’il devrait se retirer totalement de la région au sud du Litani, en échange d’un retrait des Israéliens des positions qu’ils ont occupées. Or, bien que le Liban ait appliqué sa part, les Israéliens ont poursuivi leurs attaques contre le Liban et leurs violations de l’accord s’élèvent à près de 5 000 attaques qui ont causé la mort de plus de 200 personnes et abouti à la destruction de nombreux bâtiments. Toutefois, le Hezbollah a choisi de ne pas riposter et de laisser à l’État la responsabilité de trouver des moyens de pression sur les Israéliens pour qu’ils acceptent d’appliquer l’accord.

Mais le Hezbollah a été surpris de voir que plus il se taisait et plus les attaques israéliennes contre lui se multipliaient, ainsi que les pressions américaines et autres sur les responsables libanais. Au point d’en arriver récemment à exiger une décision du Conseil des ministres obligeant le Hezbollah à remettre ses armes à l’État selon un calendrier précis. Depuis que cette exigence a été clairement formulée et qu’elle est en voie d’être appliquée, les voyants du Hezbollah ont viré au rouge. Dans ses cercles, où, il faut le préciser, il existe une aile conciliante et une autre dure, la question s’est posée de savoir ce qui se cache derrière cette exigence, alors que le parti a déjà clairement accepté le discours présidentiel d’investiture ainsi que la déclaration ministérielle du gouvernement de Nawaf Salam, qui prévoient le monopole des armes par l’État et le dialogue sur une stratégie nationale de défense destinée à protéger le pays.

Après de longues discussions, le Hezbollah est arrivé à la conclusion suivante : les Israéliens, avec le soutien américain dont ils bénéficient actuellement, estiment avoir une opportunité rare de pouvoir en finir avec tout ce qui pourrait menacer leur supériorité et leur contrôle sur la région. Dans leur approche, il existe encore trois éléments qui les empêchent de s’imposer totalement : les capacités iraniennes encore considérables, celles des houthis au Yémen et les armes du Hezbollah. Ils veulent donc régler ces problèmes en commençant par le dernier point pour ensuite se consacrer aux deux autres. Dans ce contexte, les Israéliens croient qu’il serait préférable pour eux de pousser vers une confrontation entre l’État libanais et le Hezbollah, au lieu d’avoir à faire eux-mêmes le travail, surtout avec ce qui se passe à Gaza qui ternit leur image internationale.

C’est dans cet esprit que serait donc née l’idée d’une décision du Conseil des ministres qui obligerait le Hezbollah à remettre ses armes à l’État. Celle-ci a commencé, selon des sources concordantes, à circuler récemment dans plusieurs milieux diplomatiques américains, arabes et européens. Cette idée est bien plus contraignante pour le Hezbollah que le fait d’accepter, comme il l’a déjà fait, l’idée du monopole des armes par l’État. D’abord parce qu’elle donne une étiquette officielle à la démarche, et ensuite parce que si le Hezbollah ne s’y conforme pas, il devient pratiquement hors la loi et ses éléments pourraient alors être poursuivis et arrêtés en toute légitimité par les forces armées. De plus, si ce processus ne montre pas son efficacité, le gouvernement libanais pourra alors faire appel à l’aide d’une force internationale pour qu’elle l’épaule dans cette mission. Ce qui placerait le Liban sous une sorte de tutelle ou de parapluie international.

Cela peut paraître irréaliste, mais dans ses débats internes, le Hezbollah estime devoir étudier toutes les possibilités et il est désormais convaincu que le projet israélien, en Syrie comme au Liban, c’est d’avoir à ses frontières des entités affaiblies, uniquement en mesure de jouer le rôle de « gardes-frontières ».

Pour confirmer ses craintes, le Hezbollah fait remarquer que les Israéliens empêchent la reconstruction dans les localités frontalières au Liban-Sud. Ils bombardent ainsi même les bulldozers qui cherchent à déblayer les rues, ainsi que les tentes dressées provisoirement par les habitants. Ce qui signifie, d’après le Hezbollah, que les Israéliens cherchent à instaurer une zone pratiquement déserte et sûre pour eux, au sud du Litani, un peu comme l’était ce qu’on appelait « la bande frontalière » entre 1978 et 2000. Mais cette fois, ils veulent aussi éliminer toute possibilité de reconstitution d’une « résistance », sous quelque nom que ce soit.

Pour arriver à ce résultat, les Israéliens, toujours selon l’analyse du Hezbollah, préfèrent pousser vers une confrontation entre l’armée et les combattants de la formation, tout en maintenant la politique de pression maximale sur l’État. Ce scénario est-il donc devenu inévitable ? Le Hezbollah affirme qu’il ne veut surtout pas faire ce cadeau à Israël et que, de son côté, il n’est pas question de se laisser entraîner dans un affrontement avec l’armée. Mais il ajoute que sa base populaire subit des pressions énormes, sans aucune perspective positive. Où peut mener cette frustration ? Nul ne peut le prévoir, même si lui dit tout faire pour éviter les dérapages et les débordements. Comment pourrait-il sortir de cette impasse ? Se lancer dans une nouvelle aventure militaire pour éviter les conflits internes ? Déposer ses armes sans la moindre garantie en contrepartie ? Pour le Hezbollah, tous les choix sont aujourd’hui difficiles. 

Cette fois, il ne s’agit plus de phrases vagues. Le Hezbollah se sent littéralement mis dos du mur. Pour lui, c’est l’heure des choix difficiles, voire impossibles. C’est un peu ce qu’a voulu dire le député Ali Fayad en déclarant, à l’issue de la visite d’une délégation du Hezbollah chez le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil, que le pire scénario est celui de la transformation du conflit actuel qui consiste en une confrontation avec Israël en un problème interne libanais. Que peut-il faire pour éviter un tel scénario ? Il peut commencer par vouloir gagner du temps, mais au final, son problème reste le même : selon l’équation actuelle, il est pressé d’accepter un calendrier pour la remise de ses armes à l’État. À moins de se diriger vers une confrontation directe avec les forces...
commentaires (14)

Ne nous faisons pas d’illusions SEULE UNE PAIX SINCÈRES AVEC ISRAËL RENDRA AU LIBAN SA SOUVERAINETÉ ET SON REDRESSEMENT .TOUT LE RESTE EST GUERRE OUVERTE CHAQUE QUELQUE TEMPS À CAUSE DES PALESTINIENS ARMÉS ET DES MEMBRES DE HEZBOLLAH JOUANT LA POLITIQUE DU GOUVERNEMENT IRANIEN SI LE PRÉSIDENT ET LE PREMIER MINISTRE NE LE COMPRENNENT PAS CELA NOUS VIVRONS LES ÀNNEES DE BASSIL /AOUN À NOUVEAU SOUS LA COUPE IRANIENNE DIEU NOUS EN PRÉSERVE

LA VERITE

20 h 48, le 06 août 2025

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Commentaires (14)

  • Ne nous faisons pas d’illusions SEULE UNE PAIX SINCÈRES AVEC ISRAËL RENDRA AU LIBAN SA SOUVERAINETÉ ET SON REDRESSEMENT .TOUT LE RESTE EST GUERRE OUVERTE CHAQUE QUELQUE TEMPS À CAUSE DES PALESTINIENS ARMÉS ET DES MEMBRES DE HEZBOLLAH JOUANT LA POLITIQUE DU GOUVERNEMENT IRANIEN SI LE PRÉSIDENT ET LE PREMIER MINISTRE NE LE COMPRENNENT PAS CELA NOUS VIVRONS LES ÀNNEES DE BASSIL /AOUN À NOUVEAU SOUS LA COUPE IRANIENNE DIEU NOUS EN PRÉSERVE

    LA VERITE

    20 h 48, le 06 août 2025

  • La base populaire du Hezbollah par si La base populaire du Hezbollah par la. On nous casse les pieds avec la "patience" de la base populaire du Hezb qui "se retient". On oublie les autres 75% de la populations qui ont vecus pendant 20ans comme des citoyens de seconde zone dans leur propre pays, justement pour menager cette base populaire!

    ..... No comment

    18 h 15, le 06 août 2025

  • tellement triste de voir le Hizb accule au mur. Je promets d'aller allumer une bougie a l'eglise du saint sauveur, et prier fort pour som ame.Joignez-vous a moi . Plus on prie, plus le ciel pourrait nous entendre.

    M.J. Kojack

    14 h 50, le 06 août 2025

  • Tchadorisme aux barbus.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    12 h 59, le 06 août 2025

  • Ils ont donné pour la énième fois, le 8 octobre, un prétexte à l'ennemi pour envahir le Liban, et ils y en a qui les qualifient encore de "héros de la resistance", il faut oser !

    Avette

    11 h 10, le 06 août 2025

  • Le plus amusant est le guignol brésilien qui a un goût poussé pour la provocation, question de faire parler de lui comme bambino.

    Zampano

    10 h 36, le 06 août 2025

  • "Dans ce contexte, les Israéliens croient qu’il serait préférable pour eux de pousser vers une confrontation entre l’État libanais et le Hezbollah"...vous semblez accréditer l'idée que le gouvernement execute un projet israélien. C'est grave!

    Kaldany Antoine

    09 h 53, le 06 août 2025

  • c'est drole, curieux, bizarre et surtout INQUIETANT ! personne, les pro ET les anti milice iranienne n'ont jamais montre le moindre scepticisme quant a croire en sa bonne foi, a s'assurer qu'elle aura remis les plans- TOUS LES PLANS- de caches d'armes et autres infrastructures a l'armee PARTOUT AU LIBAN !!!!

    L’acidulé

    09 h 36, le 06 août 2025

  • Il n'est vraiment pas facile , il est même très difficile et naif, de faire confiance aux envahisseurs israéliens dont l'objectif à long terme est l'expamsionisme illimité , comme certains ministres suprémacistes le déclarent á tout venant sans vergogne ! Aucune garantie américaine ou européenne ne vient encourager le désarmement du Hezb ! je crois qu'au fond , le Hezb préfèrerait être anénati par l'ennemi que de déclencher une guerre civile avec l'armée libanaise . Le hazb mourra en héros de la résistance plutôt qu'en milice de guerre civile .

    Chucri Abboud

    09 h 07, le 06 août 2025

  • Il faudrait peut être expliquer à certaines personnes que le Hezbollah est fini et que il doit se plier à La Légalité Libanaise et arrêter de prendre ses ordres de l’Iran. Faute de quoi il y sera contraint par la force avec son lot de victimes et de destructions.

    Lecteur excédé par la censure

    08 h 55, le 06 août 2025

  • Pour quelqu un qui aurait ses entreee chez le cpl et le hb, je m attendais a plus de précisions sur les forces nihilistes et celles plus raisonnable du parti. En deux mots, donnez nos des noms. D autre part pas un mot sur les raisons véritables derrière la motivation du hb: libère les fermes ou la bande? Mis de qui se moquent on?

    Zampano

    08 h 50, le 06 août 2025

  • Encore un peu on va arriver a les plaindre. Cette remise des armes, si elle a lieu, arrive 35 and trop tard où au moins 25 ans si on considère le retrait Israélien en 2000. Ce parti a préféré continuer à épauler la tyrannie Assadienne puis prendre son relais au service de l'Iran contre l'intérêt du peuple et de tout les autres composantes de la nation.

    Liban Libre

    08 h 28, le 06 août 2025

  • Il semble bien que le hezbollah ne décide de rien, il fait ce que l’Iran lui dit de faire. Autrement aurait -il lancé une guerre insensée et gratuite contre un emnemi aussi criminel et surpuissant ? Pensait-il vraiment qu’il pouvait gagner ? Il croyait , à tort, qu’il y avait encore des règles du jeu et qu’un cessez le feu le sauverait à la fin, comme en 2006. Il a servi de sac de sable aux barbus persans avides d’éxpansion. Alors les réflexions du hezbollah ne servent plus à rien. C’est trop tard, il a joué, il a perdu et la partie est terminée. Reste à régler sa dette.

    Goraieb Nada

    05 h 55, le 06 août 2025

  • Mme si nous lisons vos articles, on pourrait se poser la question sur l’idée que vous vous faites du liban libre qui sera unifié sous la houlette de l’armée libanaise. Vous savez… cette armée formée de jeunes et moins jeunes, qui, pour un salaire de misère, leur principal mission est « MAINTENIR LA PAIX et SECURISER »( et non faire la guerre à l’instar des milices dont vous faites la propagande ). Appréciez vous l’armée libanaise ? qui préserve votre mode de vie occidental et mode vestimentaire? Ou préférez vous la milice du Hezbollah qui vous impose le foulard obligatoire en cas d’interview ?

    LE FRANCOPHONE

    01 h 01, le 06 août 2025

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