Des débris du port de Beyrouth, le 27 juin 2024. Photo Mohammad Yassine
L’uléma chiite Ali Fadlallah et le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, réputé proche politiquement du Hezbollah, ont souligné lundi la nécessité que justice soit faite dans l'enquête sur les explosions au port de Beyrouth, à l'occasion de la 5e commémoration du drame, tout en mettant en garde l'un contre de potentielles interférences étrangères dans l'affaire, l'autre contre sa « politisation ».
Le Hezbollah est souvent pointé du doigt, notamment par ses détracteurs et dans des enquêtes journalistiques publiées ces dernières années, comme étant à l'origine de la cargaison de nitrate d'ammonium qui a provoqué la déflagration du 4 août 2020. Le parti chiite rejette ces allégations et estime que l'enquête menée par le juge d'instruction près la cour de justice, Tarek Bitar, est politisée. M. Bitar n'a pas convoqué de responsable issu du Hezbollah, mais bien plusieurs anciens responsables ou ministres membres ou jugés proches du tandem chiite, comme les ex-ministres Youssef Fenianos (Marada) et Ghazi Zeaïter (Amal). En 2021, une manifestation contre l'enquête du magistrat, par des sympathisants du tandem, avait dégénéré en échange de tirs mortels lors du passage des protestataires dans le quartier de Aïn el-Remmané, réputé proche des Forces libanaises.
L'uléma Fadlallah a souligné que le souvenir des explosions au port de Beyrouth est une « cause nationale et humaine qui concerne tous les Libanais », appelant à « ne pas la communautariser, la politiser, ni l’utiliser dans des jeux de pouvoir internes ». « Que tout le monde ait à cœur de parvenir à la justice et à la vérité, loin des atermoiements et des tergiversations, afin que ceux dont l'implication est prouvée soient punis et que cette tragédie ne se reproduise plus dans ce pays », a-t-il ajouté.
« Protéger le Liban du jeu des nations »
De son côté, le mufti Kabalan a déclaré que « l'explosion au port n'est pas qu’une catastrophe, mais le moment où un pays crucifié sur la croix des crises internationales et régionales est mis à nu ». « Je ne peux que lancer un cri retentissant pour le Liban, pour la justice, pour les martyrs du port et pour tous ceux qui ont été touchés par cette explosion catastrophique », a-t-il souligné dans un communiqué.
« J’adresse tout particulièrement ce cri à Liliane Chaito, blessée, avec toute l’angoisse d’une mère qui aspire à voir son fils Ali », a-t-il ajouté, en référence à cette mère blessée le 4 août à qui son époux a retiré son fils après l’explosion. « Ce droit est le plus sacré de ses droits et le devoir le plus impératif des autorités officielles chargées de garantir le droit à la maternité et de permettre à cette mère de communiquer avec son fils, ne serait-ce que par vidéoconférence », a martelé le mufti Kabalan, invitant à garantir ce droit pour Liliane, sa famille, et son fils Ali. « Il s’agit d’une question d’ordre humanitaire », a-t-il insisté. Faisant un parallèle entre Liliane Chaito et le Liban, il a affirmé que « le Liban est une patrie blessée, un partenariat tourmenté », et que « rien n’est plus important que de protéger le Liban du jeu des nations ».
Les explosions au port de Beyrouth ont provoqué la mort de 235 personnes, fait plus de 7 000 blessés et détruit une importante partie de la capitale libanaise. Cinq ans plus tard, aucun responsable n'a encore été jugé, en raison d'ingérences politiques dans l'enquête menée par le juge Tarek Bitar.


Le HB a toujours été présent pour présenter ses condoléances aux familles de ceux qu’il venait d’assassiner. Cela fait partie de son processus diabolique. Ces deux représentants se feront une joie de bloquer, s’ils le peuvent encore, la suite de l’enquête pour empêcher que leurs criminels ne soient traduits en justice. Ils sont ainsi fait et il ne faut rien espérer d’eux. Tant qu’on se montre tolérants, ils poussent le bouchon jusqu’à ce qu’on leur montre leurs limites. La réunion d’aujourd’hui est l’occasion à ne pas rater
11 h 01, le 05 août 2025