Le mufti de la République libanaise, le cheikh Abdellatif Deriane, recevant à Dar el-Fatwa Baha' Hariri, le 4 août 2025. Photo ANI
Le mufti de la République libanaise, le cheikh Abdellatif Deriane, a reçu lundi à Dar el-Fatwa Baha' Hariri, fils de l’ancien Premier ministre assassiné Rafic Hariri. Ce dernier avait annoncé la semaine dernière son « retour définitif » au Liban en septembre, affichant une ambition renouvelée de s’imposer comme figure politique au sein de la communauté sunnite.
À l’issue de la rencontre, Baha' Hariri a salué le rôle de l’institution religieuse sunnite, qu’il a qualifiée de « référence nationale dont le rôle est central dans le pays ». Il s’est dit attaché à « renforcer ce rôle de leadership que Dar el-Fatwa a toujours incarné à travers son histoire, sa sagesse et sa position dans l’équation libanaise ». Il a indiqué, selon un communiqué publié après la réunion, que les sunnites, la communauté dont il est issu, ont des « racines historiques profondes et sont un pilier fondamental du tissu libanais », insistant sur la nécessité d'un « rapprochement entre sunnites et chiites afin de protéger le pays des tentatives de fragmentation ». La scène politique libanaise est actuellement divisée sur la question du monopole des armes aux mains de l'Etat, et principalement de l'arsenal du Hezbollah.
M. Hariri a indiqué qu'il s'entretiendra avec plusieurs « figures politiques, car notre projet est avant tout national ». « Il est hors de question d’abandonner la voie du projet national, a-t-il ajouté. C’est pourquoi nous sommes ici, pour poursuivre l’œuvre et le projet de Rafic Hariri ».
Par ailleurs, le fils aîné de Rafic Hariri a écrit sur X avoir rencontré le patriarche grec-orthodoxe Jean X Yazigi à l'université de Balamand, au Liban-Nord, auprès duquel il a évoqué l'importance de la « relation stratégique » entre les grecs-orthodoxes et les sunnites au Liban et insisté sur le « dialogue islamo-chrétien, un choix vital pour relever les défis ». Lors de cette rencontre, M. Hariri a présenté ses condoléances à l’occasion de l’attentat meurtrier survenu en juin contre l’église grecque-orthodoxe Mar Elias à Damas.
Malgré ses précédents revers, notamment aux législatives de 2022 et une tentative de retour infructueuse en 2024, Baha' Hariri, qui s'était installé à Monaco, parie sur le vide laissé par son frère Saad au sein de la communauté sunnite pour se repositionner. Toutefois, son influence reste marginale en l'absence d’un soutien clair de l’Arabie saoudite, traditionnel parrain des sunnites libanais.


