« Le peuple, l’armée et la justice », peut-on lire devant les silos du port de Beyrouth, ravagé par la double explosion du 4 août 2020. Photo d’archives Matthieu Karam / L'OLJ
Le président libanais Joseph Aoun a affirmé lundi à l'occasion de la cinquième commémoration de la double explosion du 4 août 2020 dans le port de Beyrouth, que l'État libanais et « toutes ses institutions » s'engagent à ce que la vérité soit faite sur la catastrophe « quels que soient les obstacles et peu importe le rang des personnes concernées ». « La justice ne connaît pas d’exceptions, et la loi s’applique à tous sans distinction », a-t-il écrit dans un communiqué.
L'enquête menée par le juge d’instruction près la Cour de justice, Tarek Bitar, avait été relancée en janvier dernier après deux années d’entraves politico-judiciaires. Depuis qu'il est en charge de l'affaire, le magistrat a été la cible de nombreux recours et demandes de dessaisissement de la part d'anciens ministres et de responsables ou anciens responsables judiciaires et militaires mis en accusation, pour négligence ou manquement professionnel, notamment en ce qui concerne le déchargement et le stockage pendant plusieurs années de nitrate d'ammonium à l'origine de la déflagration. Ces derniers mois, le juge Bitar avait convoqué plusieurs de ces personnalités, dont certaines comme l'ancien procureur de la République Ghassan Oueidate, ne se sont pas présentées à l'audience.
« Aujourd’hui, cinq ans après cette tragédie, nous nous tenons face aux âmes des martyrs, face aux blessés et à leurs familles, et face à tous les Libanais, pour affirmer que la justice ne mourra pas, et que les responsables devront rendre compte », a-t-il ajouté, rappelant que cette affaire est une « priorité absolue » de son mandat.
« Nous œuvrons, par tous les moyens disponibles, pour que les enquêtes se poursuivent avec transparence et intégrité, et continuerons à faire pression sur toutes les parties concernées pour que tous les responsables soient traduits en justice, quels que soient leur statut ou leur appartenance », a insisté le chef de l’État. Il a enfin rappelé la « formidable solidarité » qui s'était manifestée après la double explosion, lorsque des centaines de personnes étaient venues à Beyrouth aider à déblayer les décombres et venir en aide aux sinistrés et blessés. « Cet esprit de solidarité nous guidera vers la justice et vers la reconstruction de notre pays sur des bases de justice, de transparence et de responsabilité », a-t-il conclu.
La double explosion au port de Beyrouth a provoqué la mort d'au moins 235 personnes, blessé des milliers d'autres dont certaines en portent encore les séquelles, et a détruit des quartiers entiers de la capitale libanaise.


"Aoun : La vérité sera faite sur la double explosion au port, peu importe le rang des personnes concernées". Son homonyme et prédécesseur avait promis la même chose ... dans un délai de 15 jours!
07 h 22, le 05 août 2025