L'ex-ministre espagnol des Finances Cristobal Montoro au palais de La Moncloa à Madrid, le 4 novembre 2016. Photo d'archives AFP.
Le Conseil de l'Europe a critiqué vendredi les lacunes de l'Espagne dans la lutte contre la corruption des hauts dirigeants, au moment où le Premier ministre Pedro Sánchez est secoué par une série d'affaires de corruption visant son entourage ou des membres de son parti socialiste.
Dans un rapport, le Groupe d'États contre la corruption (Greco), qui rassemble 48 pays, « constate l'absence d'une action déterminée et de résultats concrets concernant les recommandations relatives aux hautes fonctions de l'exécutif du gouvernement central ». Le rapport de cette instance du Conseil de l'Europe reconnaît certes que « des améliorations sont proposées » dans le cadre d'un Plan d'action pour la démocratie et d'un projet de loi sur la transparence administrative, mais souligne que « ces initiatives restent à mettre en œuvre ». « Aucune mesure n'a été prise en vue de réformer la procédure spéciale du régime de responsabilité pénale des membres du gouvernement » et le Bureau des conflits d'intérêts « n'est toujours pas véritablement indépendant et ne dispose pas de son propre budget », dénonce l'institution. Le Greco demande en conséquence aux autorités espagnoles de remettre un rapport sur les progrès accomplis dans leur mise en œuvre de ses recommandations d'ici au 30 juin 2026.
Dans un communiqué, le gouvernement de M. Sánchez a salué vendredi les avancées constatées par le Greco « dans la prévention de la corruption » en Espagne, sans mentionner les critiques émises par l'instance basée à Strasbourg. En 2017, alors que le gouvernement était dirigé par le Parti populaire (droite), le Greco « constatait la mauvaise situation dans laquelle se trouvait l'Espagne en matière de lutte contre la corruption après deux législatures d'inaction (...) mais depuis ce premier rapport, les évaluations du Greco se sont constamment améliorées », affirme dans ce communiqué le ministère de la Justice, en assurant que l'Espagne se conforme désormais « déjà partiellement à 16 de ses 19 recommandations ». Pourtant, les enquêtes judiciaires visant des proches du Premier ministre et leader du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sánchez, se multiplient depuis des mois. Confronté à la plus grave crise depuis son arrivée au pouvoir, il a présenté le 9 juillet un plan anti-corruption au Parlement.
L'ex-numéro trois du PSOE, Santos Cerdán, un des proches du Premier ministre, a ainsi été mis en cause après la publication le 12 juin d'un rapport de police l'accusant d'avoir touché des pots-de-vin en échange de contrats publics. Il a été placé en détention provisoire. La propre femme du chef du gouvernement, Begoña Gómez, est visée par une enquête pour corruption et trafic d'influence, son frère David doit être jugé pour trafic d'influence et le procureur général de l'Etat Álvaro García Ortiz, plus haut magistrat du parquet, nommé en 2022 sur proposition du gouvernement de gauche, sera jugé pour des fuites d'informations judiciaires.
De son côté, la droite espagnole a été rattrapée par un scandale courant juillet, quand un juge a annoncé la mise en examen d'une trentaine de personnes, dont un ex-ministre de premier plan du Parti populaire, Cristóbal Montoro, pour sept délits allant de la fraude à la corruption.


Trump juge « totalement inacceptable » la réponse de l'Iran pour mettre fin à la guerre
Aoun appelle l'UE et le Canada à « faire pression sur Israël » pour le contraindre à respecter le cessez-le-feu