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Agenda - Livre

Chekri Ghanem ressuscité : une mémoire retrouvée au service du Liban

Chekri Ghanem ressuscité : une mémoire retrouvée au service du Liban

Lors de la soirée dédiée à la parution de « Chekri Ghanem : Œuvres retrouvées » à la Fondation Charles Corm. Photo DR

Le jeudi 24 juillet 2025, à 18 h, la Fondation Charles Corm a inauguré à Beyrouth une soirée dédiée à la parution de Chekri Ghanem : Œuvres retrouvées (éditions Milelli, novembre 2024, 550 pages), sous le haut patronage du ministre Ghassan Salamé. L’événement a rassemblé une large assistance composée d’universitaires, de chercheurs, d’éditeurs et d’amoureux de la culture, dans une salle comble. Parmi les présents : l’historien Issam Khalifeh, le critique et poète Henri Zoghaib, l’ancien député Mosbah el-Ahdab, le président Ghaleb Ghanem, la journaliste culturelle Gaby Lteif, l’ancien président de l’ordre des médecins Charaf Abou Charaf et la romancière et professeure Carmen Boustani.

Fruit de vingt-deux années de recherche menées par le professeur Michel Edmond Ghanem, l’ouvrage réunit des textes inédits et dispersés – pièces de théâtre, poèmes, discours politiques et articles de presse – témoins de la richesse intellectuelle de Chekri Ghanem, figure majeure de la vie littéraire et politique du Liban moderne. Conçu avec la collaboration de Jinane Milleli et publié en France, ce livre se veut moins une commémoration qu’un véritable acte de restitution mémorielle.

La table ronde qui a suivi a permis de souligner la portée de cette redécouverte. Après le mot d’accueil de David Corm, qui a rappelé les liens entre Charles Corm et Chekri Ganem, Nidal Haddad, des éditions Artliban Calima, a mis en lumière les enjeux mémoriels et éditoriaux de ce projet de réhabilitation. Christian Taoutel (Université Saint-Joseph) a évoqué l’influence de Ghanem dans la construction du Liban contemporain, tandis que Ghada Chreim (Université libanaise) a souligné la résonance actuelle de sa pensée et de son œuvre littéraire dans un pays en quête de repères.

Dans son intervention, l’auteur a insisté sur la dimension à la fois intime et politique de sa démarche. Dédiant l’ouvrage à son père, il l’a présenté comme un « legs assumé », entre fidélité aux origines et volonté de réparer une injustice historique envers celui qu’il considère comme le père de la littérature libanaise d’expression française. Loin d’une entreprise nostalgique, ce travail s’inscrit dans une mémoire active, destinée à réinscrire Chekri Ghanem dans le débat public et les institutions culturelles.

Un moment d’émotion a marqué la soirée : l’évocation des tombes parisiennes de Chekri et de son frère Halil, aujourd’hui menacées d’abandon. Michel Edmond Ghanem a réitéré son appel aux autorités libanaises et françaises, au nom de l’association des « Amis de Chekri et Halil Ganem », pour préserver ces lieux de mémoire. Laisser ces sépultures se dégrader, a-t-il affirmé, reviendrait à effacer une part essentielle de l’histoire nationale.

La soirée s’est conclue par une lecture d’extraits du recueil, suivie d’une séance de dédicace, dans une atmosphère à la fois solennelle et chaleureuse. En cette période de crise identitaire, économique et morale, la redécouverte d’un penseur et écrivain fondateur du Liban moderne rappelle une vérité fondamentale : la culture n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale. Elle demeure le socle de notre mémoire collective et de notre conscience nationale.

Le jeudi 24 juillet 2025, à 18 h, la Fondation Charles Corm a inauguré à Beyrouth une soirée dédiée à la parution de Chekri Ghanem : Œuvres retrouvées (éditions Milelli, novembre 2024, 550 pages), sous le haut patronage du ministre Ghassan Salamé. L’événement a rassemblé une large assistance composée d’universitaires, de chercheurs, d’éditeurs et d’amoureux de la culture, dans une salle comble. Parmi les présents : l’historien Issam Khalifeh, le critique et poète Henri Zoghaib, l’ancien député Mosbah el-Ahdab, le président Ghaleb Ghanem, la journaliste culturelle Gaby Lteif, l’ancien président de l’ordre des médecins Charaf Abou Charaf et la romancière et professeure Carmen Boustani.Fruit de vingt-deux années de recherche menées par le professeur Michel Edmond Ghanem, l’ouvrage...