Des bédouins et des tribus maintiennent leurs positions lors d’affrontements avec des combattants druzes dans la ville de Soueida, dans le sud de la Syrie, malgré l’annonce d’un « cessez-le-feu immédiat » par le président syrien par intérim le 19 juillet 2025. Omar Haj Kadour/AFP
À la suite d’informations relayées par les médias faisant état de dizaines de Libanais tués dans la ville syrienne de Soueida, un cheikh druze de la région du Chouf a confirmé mercredi à L’Orient Today qu’environ 50 druzes libanais, établis dans cette ville du Sud, ont trouvé la mort lors des affrontements entre groupes armés druzes et tribus bédouines sunnites, qui se sont déroulés du 13 au 19 juillet, date à laquelle un accord de cessez-le-feu a été conclu.
Les violences, qui ont fait plus de 1 300 morts, opposaient au départ des miliciens druzes aux Bédouins, avant que les forces du gouvernement syrien n’interviennent pour soutenir ces derniers. L’armée israélienne s'est alors interposée contre les forces du régime, ciblant des objectifs à Soueida mais aussi des sites stratégiques à Damas, dont le ministère de la Défense. Les combats se sont en grande partie apaisés au lendemain du cessez-le-feu, prononcé par le président syrien par intérim Ahmad el-Chareh, ramenant un calme fragile dans la région.
Qui sont les Libanais tués ?
Mercredi, le journal local Nidaa al-Watan a ainsi rapporté que « les avis de décès ont révélé que des dizaines de Libanais ont été tués lors des récents événements à Soueida », sans préciser leur confession ou leur affiliation. Commentant ces informations, le cheikh Salem Ahmad a lui indiqué à L’Orient Today que 50 druzes libanais issus du Chouf et vivant en Syrie avaient péri dans les affrontements. Il a ajouté que des prières funéraires par procuration avaient été organisées pour eux dans leur région d'origine, précisant que lorsque la situation se stabilisera, chaque famille décidera s’il convient de rapatrier les corps des défunts. De nombreux Libanais originaires de régions druzes résident depuis longtemps à Soueida. Par ailleurs, d’autres, mariés à des habitants de la ville, s’y rendent fréquemment pour rendre visite à leurs familles.
Outre les druzes tués, un Libanais appartenant à une tribu arabe de Wadi Khaled (Akkar) a également perdu la vie dans les affrontements. Le président du conseil municipal de Rama, Khaled Ahmad al-Baddaoui, dans cette région, a confié à L’Orient Today le 19 juillet que cet homme, âgé d’une trentaine d’années, travaillait en Syrie « depuis longtemps, bien avant la chute du régime Assad (le 8 décembre dernier) ». Contacté mercredi, Ahmad al-Cheikh, membre du Conseil des tribus arabes, a confirmé qu’il s’agissait du seul Libanais issu des tribus arabes à avoir trouvé la mort lors de ces affrontements. Le Liban abrite de nombreuses tribus arabes issues de différentes communautés religieuses, notamment dans la Békaa, à Akkar et dans la région de Khaldé, près de Beyrouth.



