L'envoyé américain Thomas Barrack. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Interrogé par le journaliste Georges Salibi sur la chaîne al-Jadeed mardi soir, Thomas Barrack, envoyé américain en Syrie et chargé du dossier libanais, a fait à plus d’une reprise état de « progrès » au niveau de ses pourparlers au Liban, mais a précisé que « le délai est court » pour atteindre la stabilité, notamment au niveau du conflit persistant avec Israël.
M. Barrack se trouvait au Liban depuis dimanche, et il y a rencontré les officiels libanais afin de collecter leur réponse sur la feuille de route américaine portant sur la baisse des tensions avec Israël et le désarmement des milices. Mardi, il avait eu un long entretien avec le président du Parlement Nabih Berry, principal allié du Hezbollah.
En réponse à une question, l’émissaire américain a jugé son entretien avec M. Berry « d’excellent », louant sa longue expérience politique et profonde compréhension du Liban et de la région. « Il m’a demandé ce qui peut être fait pour faire baisser les tensions », a-t-il déclaré. A la question de savoir s’il était vrai que M. Berry a proposé 15 jours de cessation des hostilités du côté israélien comme condition pour progresser sur le dossier des armes (les violations israéliennes restent quotidiennes au Liban-Sud et au-delà), M. Barrack a répondu que c’est « bien plus que cela ». Il a rappelé qu’il y a un cessez-le-feu depuis novembre et que ce texte comporte les étapes à suivre pour atteindre une stabilité durable pour toutes les parties. Il a souligné que les efforts se concentrent sur la redynamisation de cet accord, afin de régler tous les différends qui en résultent et de voir comment l’appliquer de manière complète. « Nous faisons des progrès, j’ai de l’espoir », a-t-il dit.
Prié d’élaborer davantage au sujet de la progression des pourparlers, il a assuré que tout le monde travaille à une solution pacifique, y compris le gouvernement. « Mais le délai ne peut pas être long, nous n’avons pas beaucoup de temps au vu des développements dans la région », a-t-il dit.
Et si le Hezbollah refusait de livrer ses armes ? « Vous avez une loi qui décrète le monopole des armes, et c’est au gouvernement de décider s’il veut l’appliquer et comment. Tout le monde a des armes au Liban, légères ou lourdes, et ce n’est pas l’affaire des Américains », a-t-il répondu. Et d’ajouter : « Là où nous pouvons intervenir, c’est au niveau des tensions à la frontière avec Israël, utilisant notre influence pour convaincre l’État hébreu d’appliquer le cessez-le-feu. Tout le monde dans la région coopère en vue de cette stabilité et les délais sont courts », a-t-il dit.
Interrogé sur la possibilité d’une nouvelle guerre israélienne si le Hezbollah ne désarmait pas, M. Barrack a estimé qu’ « il n’y aura certainement pas d’autre guerre israélienne, personne ne veut de guerre ». Il a fait remarquer qu’il ne dialoguait pas avec le Hezbollah mais avec les officiels libanais, arguant qu’il faut une entente entre les factions libanaises.
Concernant la Syrie, M. Barrack a souligné que la stabilité de ce pays contribue à celle du Liban et vice-versa, et que les deux pays ont intérêt à collaborer. « Il existe quelques différends à régler au niveau des frontières et ils peuvent être résolus », a-t-il déclaré.
Pour ce qui est des réformes, il a enfin soutenu que l’une des priorités est la réforme bancaire au Liban, mettant l’accent sur les efforts gouvernementaux à ce propos, et sur le fait que la sécurité et la stabilité sont des conditions nécessaires pour mettre au point ces réformes.



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