Le député de Zahlé Bilal Hocheimi. Photo ANI
Le député de Zahlé Bilal Hocheimi a dénoncé les « fausses informations » qui ont été diffusées à l'issue d'une marche organisée lundi entre Saadnayel et Zahlé par des Syriens portant des drapeaux sur lesquels on pouvait lire « Il n'y a de Dieu que Dieu », en référence au Coran. Semblables aux étendards du groupe jihadiste État islamique (EI), ces drapeaux ont donné lieu à de nombreuses rumeurs telles que la fermeture supposée d'une route dans le secteur par des partisans de l'EI, rapporte notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah.
« Ce qui s'est passé est une tentative de semer la discorde confessionnelle et géographique. Les habitants de Saadnayel sont connus pour leur modération et leur ouverture et ne sont pas affiliés à l'extrémisme », a déclaré M. Hocheimi dans un communiqué. Il a par ailleurs appelé les services de sécurité « à poursuivre ceux qui ont lancé des rumeurs qui nuisent à toute une ville et mettent en danger la paix civile dans une région connue historiquement pour son équilibre et son vivre-ensemble ».
Lundi soir, des Syriens ont effectué une marche de la localité de Saadnayel vers la ville de Zahlé, munis de drapeaux portant des inscriptions religieuses. Notre correspondante avait rapporté qu'aucune route n'avait été coupée par les manifestants. Cette initiative était intervenue au lendemain d'un cessez-le-feu à Soueida, dans le sud de la Syrie, après des combats meurtriers entre des combattants bédouins sunnites et d'autres druzes qui ont fait plus de 1.265 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Les violences de Soueida ont font craindre des débordements et des tensions communautaires au Liban. C'est dans ce cadre que les chefs spirituels des communautés druze et sunnite au Liban, les cheikhs Sami Abi el-Mona et Abdellatif Deriane, ont appelé vendredi, lors d'une conversation téléphonique, à « éviter de tomber dans le piège de la sédition ». Le chef de l'État, Joseph Aoun, a pour sa part présidé vendredi une réunion sur la « situation sécuritaire » dans le pays, tandis que le leader druze et ancien chef du Parti socialiste progressiste (PSP) Walid Joumblatt a appelé dimanche à l’ouverture d’un dialogue entre toutes les composantes en Syrie sous la direction des autorités. Prenant le contre-poids de ces appels au calme, l'ancien ministre druze Wi'am Wahab avait pour sa part enjoint à la lutte armée à Soueida.

