Georges Ibrahim Abdallah dans sa cellule à Lannemezan, dans le sud-ouest de la France, le 17 juillet 2025. VALENTINE CHAPUIS/AFP
Georges Abdallah, dont la libération a été ordonnée jeudi par la justice française, a salué la "mobilisation" de ses soutiens, déterminante à ses yeux, lors d'un entretien dans sa cellule avec une députée auquel l'AFP a pu assister.
"S'ils ont accepté de me libérer, c'est grâce à cette mobilisation qui est ascendante", a estimé le militant libanais propalestinien lors d'un échange avec la députée LFI (gauche radicale) Andrée Taurinya, à l'occasion d'une visite de la parlementaire à la prison de Lannemezan (sud) où il est détenu.
Dans sa cellule de 11m2 tapissée d'un portrait de Che Guevara et d'affiches en faveur de la cause palestinienne, le détenu de 74 ans qui doit être libéré le 25 juillet, a affirmé que ce n'était pas la durée de son incarcération qui a finalement permis d'obtenir une libération.
"Le temps passé derrière les barreaux concernant les prisonniers +politiques+ ne pèse pas, vous passez cinq ans, vingt ans, trente ans, quarante ans, ce n'est pas ça la cause de la sortie en fait", a estimé M. Abdallah.
"La sortie est suscitée par une dynamique globale: si le détenu politique ou militant qui est en prison arrive à s'inscrire dans la dynamique des luttes dehors, c'est la mobilisation des hommes et des femmes dehors qui le fait sortir. C'est essentiellement grâce à ça", a-t-il ajouté.
La cour d'appel de Paris a ordonné jeudi la remise en liberté le 25 juillet de Georges Ibrahim Abdallah, "sous condition de quitter le territoire national et n'y plus paraître", selon l'arrêt de la cour consulté par l'AFP.
Condamné en 1987 pour complicité d'assassinats de diplomates américain et israélien, il avait nié lors de son procès, affirmant qu'il n'était "rien qu'un combattant arabe". Devenu l'un des plus anciens détenus de France, il n'a jamais exprimé le moindre regret.
"Quarante ans c'est beaucoup mais on ne les sent pas quand il y a une dynamique de lutte (...) Si je suis debout aujourd'hui face à vous, c'est parce que je lutte, sinon 40 ans ça décervelle", a insisté le septuagénaire, tee-shirt rouge sans manches, short blanc et babouches aux pieds, dans sa cellule numéro 221.
En fin d'après-midi jeudi, devant la prison de Lannemezan, quelques dizaines de partisans s'étaient rassemblés pour célébrer la décision de la cour d'appel de Paris.


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