Le président libanais Joseph Aoun. Photo AFP
Le président libanais Joseph Aoun a affirmé lundi, depuis le palais de Baabda, que « l’unité du territoire libanais est une constante nationale », répondant ainsi, de manière implicite, aux récentes déclarations de l’émissaire américain Thomas Barrack. Ce dernier avait mis en garde contre un possible retour du Liban dans le giron de « Bilad el-Cham », c’est-à-dire la Grande Syrie, en l’absence de désarmement du Hezbollah et de réformes structurelles.
« L’unité du territoire libanais est une constante nationale consacrée par la Constitution, protégée par l’armée libanaise et la volonté des Libanais qui ont consenti des sacrifices au fil des ans pour la préserver », a déclaré M. Aoun. « J’ai prêté serment après mon élection comme président de la République de préserver l’indépendance du pays et l’intégrité de ses terres, a ajouté l'ancien commandant en chef de l'armée libanaise. Ceux qui pensent que quelqu’un qui a prêté serment deux fois de défendre le Liban uni et indivisible peut renier son serment pour quelque raison que ce soit ou accepter des propositions similaires se trompent. »
Après sa mise en garde forte à l'adresse du Liban, qui pourrait revenir à « Bilad el-Cham », l'émissaire américain Thomas Barrack avait tenu à clarifier ses propos samedi soir, assurant qu'il ne s'agissait pas d'une « menace » à l'encontre du pays du Cèdre. « Je peux assurer que les dirigeants syriens souhaitent uniquement la coexistence et la prospérité mutuelle avec le Liban, et les États-Unis sont déterminés à soutenir cette relation entre deux voisins égaux et souverains, dans la paix et la prospérité », a ajouté celui qui est également émissaire à Damas et ambassadeur à Ankara.
Les relations entre Damas et Beyrouth restent tendues, malgré la chute en décembre 2024 du régime Assad. Dernièrement, des informations avaient circulé sur les velléités de l'administration syrienne de rattacher plusieurs régions libanaises à son territoire dans le cadre des négociations avec Israël et en échange notamment d'une partie du plateau du Golan. M. Barrack avait alors balayé ces informations évoquant des rumeurs, tandis que le député de Tripoli Achraf Rifi avait estimé que ces informations étaient véhiculées par le Hezbollah pour justifier le maintien de son arsenal.
Lundi, M. Aoun a d'ailleurs rappelé que « la question du monopole des armes relève exclusivement de l’État, conformément à l’accord de Taëf ». « Cette décision, ainsi que la décision de paix et de guerre, est entre les mains de l’État, ce sont des éléments fondamentaux de tout État et des principes essentiels », a-t-il poursuivi. « Les défis qui nous entourent sont importants, ainsi que les opportunités. En tant que Libanais, grâce à notre créativité et notre volonté forte, nous devons savoir comment exploiter ces opportunités au bénéfice du Liban », a-t-il également dit.
Le chef de l'État libanais, pour qui le monopole de l’État sur les armes est un leitmotiv, s'évertue à jouer la carte du dialogue avec le parti chiite pro-iranien, craignant vraisemblablement des débordements sécuritaires. Le Hezbollah refuse jusqu'à présent de discuter de son désarmement, tant qu'Israël occupe cinq points au Liban-Sud et bombarde presque quotidiennement le territoire, selon les discours de ses représentants.



""Le président répond de façon implicite aux récentes déclarations de l’émissaire américain Thomas Barrack "" quand les declarations diplomatiques/implicites nous donnent a la fois pretextes pour gagner et perdre temps precieux !
10 h 38, le 15 juillet 2025