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Politique - Focus

Que sait-on sur le cadre du Hamas et les victimes civiles ciblés par un drone israélien au Liban-Nord ?

Cette attaque près de Beddaoui, une première depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, a fait au moins trois morts et treize blessés mardi, selon le ministère de la Santé.

Que sait-on sur le cadre du Hamas et les victimes civiles ciblés par un drone israélien au Liban-Nord  ?

Une voiture en flammes, ciblée par un drone israélien, lors d'une attaque meurtrière le 8 juillet 2025, près de Beddaoui au Liban-Nord. Photo envoyée à L'Orient-Le Jour par Samir Khoder

Si le Liban-Sud et la Békaa sont quasi quotidiennement sous le feu israélien malgré le cessez-le-feu en cours depuis novembre dernier, le Nord, plus précisément la localité de Aïrouniyé – située à quelques kilomètres de Beddaoui – a été visée mardi après-midi, pour la première fois depuis le début de la trêve, par deux frappes de drone.

L’attaque a touché un véhicule 4x4 circulant sur la route Beddaoui Aïrouniyé-Nefaa, dans la région de Zghorta, à proximité du camp de réfugiés palestiniens de Beddaoui, au nord de Tripoli. Le véhicule, qui a échappé à la première frappe, a été carbonisé après avoir été touché par un second missile. Le bombardement a fait au moins trois morts et treize blessés, selon le ministère de la Santé. La cible : un haut commandant du Hamas au Liban, Mehran Baajour, donné pour mort par l’armée israélienne, mais vivant selon des sources palestiniennes. Qui est ce responsable du Hamas dont Tel-Aviv affirme que l’élimination, si confirmée, porte « un coup dur aux activités du mouvement au Liban », et qui sont les victimes collatérales de cette frappe ? L’Orient-Le Jour fait le point.

Alors que l’armée israélienne affirme avoir éliminé le saboteur Mehran Moustapha Baajour dans la région de Tripoli, « une figure-clé » du Hamas, une source au sein du mouvement palestinien et un responsable du Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP) assurent à L’OLJ que le haut responsable palestinien serait toujours en vie. Selon le FDLP, deux scénarios sont envisageables : « Soit il n’était pas dans la voiture au moment de la frappe, soit il aurait pris fuite entre les deux bombardements. »

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Selon un communiqué de l’armée israélienne, Mehran Baajour aurait « dirigé et coordonné de nombreuses opérations terroristes contre l’armée israélienne et les citoyens israéliens. Durant la guerre en cours, il a notamment orchestré des tirs de roquettes contre Naharaya, Kiryat Shmona et d’autres villes » israéliennes. Tel-Aviv affirme que Mehran Baajour « occupait un poste de commandement central au sein du Hamas au Liban et a contribué activement à l’implantation militaire de l’organisation dans le pays, au renforcement de ses capacités militaires ainsi qu’à l’acquisition d’armements via des liens qu’il avait établis avec d’autres groupes terroristes dans la région ».

Originaire de Jaffa

Contacté par notre publication, le responsable au sein du FDLP, qui a requis l’anonymat, retrace brièvement le parcours de la cible, âgée de 45 ans. « Né dans le camp de Beddaoui, Mehran Baajour est issu d’une famille palestinienne originaire de Jaffa », un quartier du sud de Tel-Aviv, raconte-t-il. Ses parents comptent parmi les quelque 100 000 Palestiniens ayant trouvé refuge au Liban en 1948, à la suite de la Nakba. « Il bougeait un peu partout, entre la Turquie, l’Europe et l’Afrique », se souvient le responsable palestinien. « Il avait même été enlevé il y a quelques années au Ghana, en Afrique de l’Ouest, par des agents du Mossad », précise-t-il. Selon des médias locaux, Mehran Baajour aurait été « détenu en 2018 pendant quatre mois dans des conditions particulièrement dures, soumis à des actes de torture, et interrogé sur des personnalités politiques libanaises et palestiniennes ».

Le Hamas – qui annonce généralement la mort de ses membres – n’a toujours pas confirmé le décès de ce responsable du mouvement islamiste. « La version israélienne est fausse. Aucun membre n’a été tué la veille », assure la source du Hamas.

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« Mon fils de 16 ans a perdu un œil »

Outre Mehran Baajour, l’attaque a coûté la vie à Ali Hamaoui, un ressortissant syrien qui se trouvait, selon certains témoignages, à bord du véhicule visé, et a également tué Omar Zahra, propriétaire d’un garage situé à proximité du lieu de la frappe. Père de quatre enfants, ce dernier laisse derrière lui un fils grièvement blessé qui a perdu la main, déplore Samir Khoder, mokhtar de Haret Fouar, un village voisin de Aïrouniyé. « La frappe a visé un quartier résidentiel entouré de garages. Que des innocents ont été touchés », s’indigne le fonctionnaire local. Quant à Ali Hamaoui, peu d’informations sont disponibles sur lui, si ce n’est qu’une publication sur Facebook de la part d’une plateforme d’information au Liban-Nord, selon laquelle la victime, la vingtaine selon une photo partagée, était en fait de passage dans la rue, lorsque le bombardement a eu lieu.

Parmi les 13 blessés, l’adolescent libanais Mohammad Faraj, collègue de la victime Omar Zahra, hospitalisé à Tripoli. « Mon fils de 16 ans a perdu un œil... Que Dieu protège tous nos enfants », lâche son père, d’une voix brisée. Khaled Haibé, mécanicien dans un garage voisin, s’est, lui, réveillé mercredi à l’hôpital, où il est toujours en observation. « J’ai perdu connaissance au moment de la frappe », raconte-t-il, essoufflé, à notre publication, alors qu’il souffre « de douleurs au visage et de violents maux de tête ».

Si le Liban-Sud et la Békaa sont quasi quotidiennement sous le feu israélien malgré le cessez-le-feu en cours depuis novembre dernier, le Nord, plus précisément la localité de Aïrouniyé – située à quelques kilomètres de Beddaoui – a été visée mardi après-midi, pour la première fois depuis le début de la trêve, par deux frappes de drone.L’attaque a touché un véhicule 4x4 circulant sur la route Beddaoui Aïrouniyé-Nefaa, dans la région de Zghorta, à proximité du camp de réfugiés palestiniens de Beddaoui, au nord de Tripoli. Le véhicule, qui a échappé à la première frappe, a été carbonisé après avoir été touché par un second missile. Le bombardement a fait au moins trois morts et treize blessés, selon le ministère de la Santé. La cible : un haut commandant du Hamas au Liban, Mehran Baajour,...
commentaires (2)

BON DÉBARRAS. NEXT…

Sissi zayyat

10 h 23, le 10 juillet 2025

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Commentaires (2)

  • BON DÉBARRAS. NEXT…

    Sissi zayyat

    10 h 23, le 10 juillet 2025

  • Que sait-on sur le cadre du Hamas et les victimes civiles ciblés par un drone israélien au Liban-Nord ? ... c'est écrit dans le ciel....

    Wlek Sanferlou

    22 h 46, le 09 juillet 2025

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