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Moyen-Orient - Syrie

Après une rencontre entre Abdi et Chareh, Damas rejette une nouvelle fois le fédéralisme

La réunion entre le chef des FDS et le président intérimaire syrien a eu lieu en présence de l'envoyé américain pour la Syrie, Tom Barrack.

Le leader militaire kurde Mazloum Abdi, lors d'une interview avec Reuters à al-Shadadi, en Syrie, le 13 juin 2025. REUTERS/Orhan Qereman

La Syrie a réitéré son rejet du fédéralisme mercredi à l'issue d'une rencontre avec un responsable militaire kurde, appelant les forces kurdes à rejoindre les rangs des forces gouvernementales. 

Le dirigeant militaire kurde syrien Mazloum Abdi, des Forces démocratiques syriennes (FDS) - l'armée de facto de l'administration kurde -, a rencontré dans la journée à Damas le président intérimaire Ahmad el-Chareh, en présence de l'envoyé américain pour la Syrie, Tom Barrack, afin de discuter des efforts en cours pour intégrer l'administration kurde autonome dans l'État syrien. Ils avaient conclu un premier accord d'intégration en mars avec le soutien des États-Unis, mais sa mise en œuvre a été retardée par des divergences entre les deux parties. 

Les Kurdes, qui contrôlent de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie, y compris des champs pétroliers et gaziers, réclament notamment un système de gouvernance décentralisé, ce que rejettent les autorités islamistes à Damas.

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Réunion en présence de Tom Barrack

Un responsable kurde syrien a confirmé, sous couvert d'anonymat, qu'une réunion avait eu lieu mercredi entre Mazloum Abdi et Ahmad el-Chareh. Ce responsable a ajouté que Tom Barrack, l'ambassadeur américain en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie, était également présent. Les délégations devaient discuter « des relations entre l'administration autonome (kurde) et le gouvernement de Damas, ainsi que des questions économiques et militaires », selon ce fonctionnaire. 

Une source gouvernementale syrienne avait prévenu mercredi, dans une déclaration à la chaîne de télévision d’État Alekhbariah, que Damas restait attaché au « principe d'une seule Syrie, d'une seule armée, d'un seul gouvernement » et rejetait catégoriquement toute forme de division ou de fédéralisation. « L'armée syrienne est l'institution nationale qui unit tous les enfants de la patrie, et l'État accueille favorablement l'intégration des combattants syriens des FDS dans ses rangs dans les cadres constitutionnels et juridiques approuvés », avait souligné cette source. La source a également averti que tout retard dans la mise en œuvre de l'intégration risquait d'entraver les efforts visant à « restaurer la sécurité et la stabilité dans toutes les régions » du pays. 

Le défi du maintien de l'unité de la Syrie

Les FDS, une puissante force dominée par les Kurdes, sont soutenues par Washington et ont joué un rôle clé dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique, défait en 2019 en Syrie.

Ahmad el-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 à la tête d'une coalition islamiste après avoir renversé le régime de l'ex-président Bachar el-Assad, réclame la dissolution de tous les groupes militaires en Syrie. Mais les Kurdes syriens insistent pour maintenir leur forces militaires, qui comptent des dizaines de milliers d'hommes et de femmes.

Dans une interview en mai, Mazloum Abdi avait insisté sur l’importance d’ « une Syrie décentralisée », considérant que « ceux qui détiennent le pouvoir veulent une Syrie centralisée et ne sont pas prêts à ce que toutes les composantes syriennes vivent ensemble ». Le 12 mai, le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad el-Chaibani avait pour sa part déclaré que toute « tergiversation » dans l'exécution de l'accord avec les Kurdes risquait de « prolonger le chaos » dans le pays, après 14 ans de guerre civile.

La préservation de l’unité de la Syrie et le rétablissement de la sécurité restent un défi majeur pour les nouvelles autorités.

La Syrie a réitéré son rejet du fédéralisme mercredi à l'issue d'une rencontre avec un responsable militaire kurde, appelant les forces kurdes à rejoindre les rangs des forces gouvernementales. Le dirigeant militaire kurde syrien Mazloum Abdi, des Forces démocratiques syriennes (FDS) - l'armée de facto de l'administration kurde -, a rencontré dans la journée à Damas le président intérimaire Ahmad el-Chareh, en présence de l'envoyé américain pour la Syrie, Tom Barrack, afin de discuter des efforts en cours pour intégrer l'administration kurde autonome dans l'État syrien. Ils avaient conclu un premier accord d'intégration en mars avec le soutien des États-Unis, mais sa mise en œuvre a été retardée par des divergences entre les deux parties. Les Kurdes, qui contrôlent de vastes...
commentaires (3)

Le Chareh est un suppôt de la Turquie et cette dernière ne veut pas entendre parler d'autonomie des Kurdes dans n'importe quel pays de la région. En refusant de la leur donner en Syrie, la Turquie peut, a travers le pouvoir qui lui est acquis, les contrôler. De plus chez les Kurdes les femmes jouent un rôle primordiale que l'islamisme de Chareh ne leur octroie pas. Si Chareh accepte, la Turquie lui coupera les ailes et lui créera des problèmes qui peuvent aller jusqu’à plus d'occupation. Il est dans la mouise pour encore longtemps. La Syrie n'est plus vraiment un danger pour nous.

Pierre Christo Hadjigeorgiou

10 h 53, le 11 juillet 2025

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Commentaires (3)

  • Le Chareh est un suppôt de la Turquie et cette dernière ne veut pas entendre parler d'autonomie des Kurdes dans n'importe quel pays de la région. En refusant de la leur donner en Syrie, la Turquie peut, a travers le pouvoir qui lui est acquis, les contrôler. De plus chez les Kurdes les femmes jouent un rôle primordiale que l'islamisme de Chareh ne leur octroie pas. Si Chareh accepte, la Turquie lui coupera les ailes et lui créera des problèmes qui peuvent aller jusqu’à plus d'occupation. Il est dans la mouise pour encore longtemps. La Syrie n'est plus vraiment un danger pour nous.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    10 h 53, le 11 juillet 2025

  • Le Chareh a tort. Le fédéralisme est LA solution aujourd’hui pour garder les pays unis, unifiés, tout en laissant à chacune des fédérations de grandes marges d’autonomie et pour que chacune des communautés ne se sente pas frustrée voire opprimée.Ca devrait être AUSSI, le cas au liban. Cependant, les responsables actuels n’ont pas encore assimilé le sens de « pays fédéral «  Pour eux, du moment QU’ILS CONTRÔLENT PAS TOUT et TOUT LE MONDE en imposant LE MÊME MODE DE VIE et DE PENSÉE… pour eux c’est une partition du pays. Ils devraient se cultiver, lire et apprendre la signification de FEDERAL…

    LE FRANCOPHONE

    14 h 53, le 10 juillet 2025

  • Le pays le plus divisé au monde, culturellement, linguistiquement, économiquement, et même culinairement, est … la Suisse. Et pourtant, ce pays a trouvé la formule idéale, la balance parfaite entre gouvernance locale et fédérale (avec neutralité internationale farouche), partage équitable des taxations entre confédération, cantons, et communes, partage des langues même, pour devenir un des pays où il fait le mieux vivre. Alors, on attend quoi? C’est une délégation suisse qui devrait chapeauter ces pourparlers, pas un libano-américain…

    Gros Gnon

    11 h 01, le 10 juillet 2025

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