Le Premier ministre Nawaf Salam (à droite) accueilli par le président du Parlement Nabih Berry à Aïn el-Tiné, le 17 janvier 2025. Hassan IBRAHIM/Flickr
À l’issue de sa visite à Ain el-Tiné mardi, le Premier ministre Nawaf Salam s’est contenté de déclarer à la presse, à la sortie de son entretien avec le président du Parlement Nabih Berry, que ce dernier « en avait fait assez hier » et que « l'atmosphère était bonne ».
Ses propos ont été tenus au lendemain de la visite de l'émissaire présidentiel américain Tom Barrack - toujours en tournée au Liban - qui s'était entretenu avec de nombreux responsables, notamment sur la réponse faite par l’État libanais à une « feuille de route » américaine exigeant le désarmement du Hezbollah. C’est sur une note optimiste que les rencontres de l’émissaire américain s'étaient achevées lundi soir, alors que le Liban continue de subir les attaques israéliennes quotidiennes malgré un cessez-le-feu adopté le 27 novembre 2024, après plus d'un an de conflit entre l’État hébreu et le Hezbollah.
Alors que Nabih Berry, allié indéfectible du Hezbollah, se positionnait toujours aux côtés de la formation pro-iranienne, il avait cependant affirmé ces derniers jours, à l’instar de Joseph Aoun et de Nawaf Salam, que « l’époque des armes hors du contrôle de l’État est révolue » et convenu de « ne permettre à aucune partie d’entraîner le Liban vers la destruction ». Le président du Parlement aurait aussi adressé un message au Hezbollah disant : « Si vous ne répondez pas, nous avancerons sans vous », selon la presse locale.
À l’issue de ses entretiens avec le président de la République Joseph Aoun, le Premier ministre et le président du Parlement, ainsi qu'avec le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi, M. Barrack s'était montré optimiste. « Je suis satisfait et reconnaissant » de la réponse libanaise à la feuille de route américaine exigeant le désarmement du Hezbollah, avait-il souligné. Il avait de plus déclaré que le Liban n’était contraint par « aucun calendrier » concernant le désarmement du parti chiite, précisant que Washington « essayait seulement d’apporter son aide ». L’émissaire américain a néanmoins invité le Liban à ne pas « rater le coche » dans un Moyen-Orient en plein bouleversement.
Le président Berry avait de son côté qualifié la réunion avec M. Barrack de « bonne et constructive », soulignant qu’elle s’était déroulée dans un souci marqué de préserver l’intérêt du Liban, sa souveraineté, les inquiétudes de l’ensemble des Libanais, ainsi que les revendications du Hezbollah.


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