Le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur à Beyrouth. Photo NNA.
Le comité des employés de la Coopérative des fonctionnaires a annoncé une grève jeudi 3 juillet - dans un communiqué publié mardi - « en affirmation de la position unifiée contre la politique de marginalisation et de mépris à l’égard des employés de l’État ». Dans la foulée, les employés du gouvernorat du Sud ont également annoncé plus tard dans la journée qu'ils avaient entamé une grève qui se poursuivra jusqu'au vendredi 5 juillet inclus.
Lundi, la Ligue des employés de l’administration publique avait annoncé la tenue d'une grève générale du mardi 1ᵉʳ juillet au vendredi 4 juillet inclus, dénonçant le « mépris persistant du gouvernement envers (leurs) droits et (leur) dignité ».
Ce mécontentement des représentants du secteur public fait notamment suite à la signature, la semaine précédente, d’un décret gouvernemental approuvant une série d’augmentations de salaires pour une gamme de hauts fonctionnaires, allant de 626,5 millions de livres libanaises (LL) (soit 7 000 dollars) à 805,5 millions LL (9 000 dollars) par mois. La Ligue a ajouté que la décision du gouvernement d'augmenter les salaires des hauts responsables reflète un « traitement injuste », alors que certains fonctionnaires ne gagnent toujours qu'à peine l'équivalent de 500 dollars par mois et que l'ensemble des employés de l'État n'ont, en moyenne, récupéré que 25 % de leur salaire d'avant la crise.
« En harmonie avec le cri des collègues des administrations publiques, et en affirmation de l’unité de position contre la politique de marginalisation et d’indifférence à l’égard des employés de l’État, et par engagement à éviter la souffrance des bénéficiaires, le comité des employés de la Coopérative des fonctionnaires annonce un arrêt total du travail le jeudi 3 juillet 2025 dans le cadre du mouvement général d’avertissement », peut-on lire dans le communiqué publié mardi.
Des écarts de salaires allant jusqu'à plus de 8 000 dollars
« Nous appelons tous les collègues à respecter pleinement la décision de cessation du travail, afin d’affirmer nos droits et notre dignité, et de rejeter la discrimination existante entre les travailleurs du secteur public », ajoute le communiqué. Selon la déclaration de lundi publiée par la Ligue des employés de l’administration publique, la décision du gouvernement d’augmenter les salaires des hauts fonctionnaires reflète un « traitement inéquitable », alors que certains fonctionnaires gagnent à peine l’équivalent de 500 dollars par mois et que l’ensemble de la fonction publique n’a récupéré en moyenne que 25 % de ses salaires d’avant-crise.
Selon la déclaration, la grève concerne les départements des finances, de l’industrie, de l’économie, de l’état civil, de l’urbanisme, de l’énergie et de l’eau, tandis que d’autres départements ont continué à traiter les affaires urgentes en interne. Les employés ont également mis en garde contre les conséquences de la poursuite de la marginalisation de leur cause, ce qui conduirait à une escalade supplémentaire, pouvant aboutir à une grève illimitée.
Le chef du Département de l’Industrie, le Dr Dheeb Hashem, s’exprimant au nom des responsables et des employés du gouvernorat, a estimé que « le comportement du gouvernement, qui procrastine à approuver une grille salariale qui rétablit la valeur des salaires des employés, est ce qui les pousse à faire entendre leur voix. »« Le concept mal conçu des compléments salariaux, qui sont liés à des conditions déraisonnables, doit prendre fin. Les soi-disant compléments ont peu de valeur et privent les agents en service et les retraités de leurs droits, sachant que certains gagnent encore bien moins que le maigre salaire minimum approuvé par l’État pour le secteur privé », a-t-il ajouté.
Plongé dans une grave crise économique et financière depuis 2019, le Liban a vu sa monnaie nationale s’effondrer, entraînant une érosion des salaires et du pouvoir d’achat, tandis que l’inflation a explosé. Avant la crise, le salaire minimum était de 675 000 LL – environ 450 dollars au taux officiel de 1 507,5 LL pour un billet vert.
Vendredi 27 juin, le gouvernement a toutefois approuvé une augmentation de 50 % du salaire minimum, le portant à 28 millions LL (312 dollars, soit une hausse de 56 %) à partir du mois prochain. Une augmentation également jugée insuffisante par de nombreux syndicats.
Le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara al-Asmar, avait notamment plaidé pour une revalorisation à 50 millions LL (environ 550 dollars), tout en accusant le gouvernement de se concentrer uniquement sur le salaire minimum, sans revoir l’ensemble de la grille salariale.


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