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Moyen-Orient - Nucléaire Iranien

Téhéran écarte une reprise rapide des discussions avec Washington

« On ne peut pas anéantir la technologie et la science de l’enrichissement d’uranium par des bombardements », a déclaré le chef de la diplomatie iranienne dans un entretien à CBS.

Téhéran écarte une reprise rapide des discussions avec Washington

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi arrivant pour assister aux funérailles du commandant des Gardiens de la Révolution Hossein Salami et d'autres hauts responsables militaires tués, le 28 juin 2025. Photo AFP

Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré mardi que Téhéran doutait que les pourparlers avec les États-Unis reprennent rapidement, tout en assurant que « les portes de la diplomatie ne se fermeront jamais ».

S'exprimant au cours d'un entretien enregistré en Iran par la chaîne américaine CBS, le chef de la diplomatie iranienne réagissait ainsi aux récentes déclaration du président américain Donald Trump qui a récemment laissé entendre que les pourparlers diplomatiques avec l’Iran pourraient reprendre dès cette semaine, sans que la Maison Blanche ne confirme qu'une réunion était bien officiellement programmée. 

« Je ne pense pas que les négociations reprendront aussi vite », a déclaré Abbas Araghchi. « Pour que nous décidions de renouer le dialogue, il faudra d’abord nous assurer que les États-Unis ne reviendront pas à des attaques militaires contre nous pendant les négociations », a ajouté le ministre dans sa première interview donnée à un média américain en Iran depuis les bombardements. « Et je pense qu’en raison de toutes ces considérations, nous avons encore besoin de temps. » « Les portes de la diplomatie ne se fermeront jamais. », a-t-il néanmoins assuré, selon la retranscription partielle de interview publiée par CBS.

M. Araghchi a également été interrogé sur les déclarations du patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, qui a estimé que l'Iran disposait des capacités techniques pour recommencer à enrichir de l'uranium d'ici « quelques mois ». « On ne peut pas anéantir la technologie et la science de l'enrichissement par des bombardements », a déclaré le ministre iranien. « Si nous avons la volonté de progresser à nouveau dans ce secteur, et cette volonté existe, nous pourrons rapidement réparer les dégâts et rattraper le temps perdu », a-t-il poursuivi.

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Auparavant, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, avait déclaré dans une interview à la BBC que Washington et Téhéran ne s'étaient pas mis d'accord sur « une date » ni sur les « modalités » pour une reprise des discussions. « Nous cherchons une réponse à cette question: allons-nous assister à une répétition de l'agression alors que nous sommes engagés dans le dialogue ? », avait-il dit.


« La loi de la jungle »

Donald Trump avait affirmé lundi qu'il n'offrait « rien » à l'Iran, quelques jours après avoir prévenu qu'il n'hésiterait pas à bombarder le pays à nouveau s'il cherchait à se doter de l'arme atomique. « Je n'offre RIEN à l'Iran, contrairement à Obama, qui leur a versé des milliards de dollars » pour l'accord de 2015, avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. « Je ne leur parle même pas, puisque nous avons complètement ANÉANTI leurs installations nucléaires », avait-il ajouté.

Israël a ouvert le 13 juin les hostilités en bombardant l'Iran et en tuant ses principaux responsables militaires et des scientifiques liés à son programme nucléaire, avec l'objectif affiché d'empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique. Les États-Unis se sont joints à l'offensive de leur allié en bombardant trois sites nucléaires dans la nuit du 21 au 22 juin. Après 12 jours de bombardements réciproques, un cessez-le-feu est entré en vigueur le 24 juin, imposé par Donald Trump. Ce dernier a prévenu que le Pentagone mènerait « sans aucun doute » de nouvelles frappes si l'Iran enrichissait de l'uranium à des niveaux lui permettant de fabriquer des armes nucléaires.

Majid Takht-Ravanchi a de nouveau revendiqué le droit de l'Iran à enrichir de l'uranium à hauteur de 60% pour produire de l'énergie. « Le niveau peut être discuté, la capacité peut être discutée, mais dire que vous (...) devriez avoir zéro enrichissement, et que si vous n'êtes pas d'accord, nous allons vous bombarder, c'est la loi de la jungle », a critiqué le vice-ministre iranien des AE. 

Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré mardi que Téhéran doutait que les pourparlers avec les États-Unis reprennent rapidement, tout en assurant que « les portes de la diplomatie ne se fermeront jamais ».S'exprimant au cours d'un entretien enregistré en Iran par la chaîne américaine CBS, le chef de la diplomatie iranienne réagissait ainsi aux récentes déclaration du président américain Donald Trump qui a récemment laissé entendre que les pourparlers diplomatiques avec l’Iran pourraient reprendre dès cette semaine, sans que la Maison Blanche ne confirme qu'une réunion était bien officiellement programmée. « Je ne pense pas que les négociations reprendront aussi vite », a déclaré Abbas Araghchi. « Pour que nous décidions de renouer le dialogue, il faudra d’abord nous assurer que...
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