Le président de la République Joseph Aoun (à droite) recevant à Baabda le nouveau commandant Finul, le général italien Diodato Abagnara, le 30 juin 2025. Photo tirée du compte X de la présidence
Le président de la République Joseph Aoun a reçu lundi à Baabda le nouveau commandant de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), le général italien Diodato Abagnara, qui a pris officiellement la tête de la force onusienne le 24 juin, succédant ainsi au général espagnol Aroldo Lázaro Sáenz.
Au cours de l’entretien, le chef de l’État a souligné « l’importance de la poursuite du travail de la Finul aux côtés de l’armée libanaise au Liban-Sud, en vue de l’application intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité ». Il a également insisté sur « la nécessité du retrait des forces israéliennes des cinq collines, afin de permettre à l’armée libanaise de compléter son déploiement jusqu’aux frontières reconnues au niveau international », selon une publication de la présidence sur son compte X.
Le Hezbollah et Israël se sont livré à une guerre dévastatrice de plus de 13 mois, entre octobre 2023 et novembre 2024, dans le sillage du conflit à Gaza. Le parti chiite est sorti grandement affaibli par ces affrontements qui se sont terminés par un cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre dernier. Malgré cette trêve, l'armée israélienne continue d'occuper cinq positions au Liban-Sud et poursuit ses violations de l'accord en lançant des bombardements quasi-quotidiens contre le Sud, et parfois la Békaa. L'État libanais, lui, veut désormais détenir le monopole des armes, alors que le Hezbollah est le seul parti libanais à maintenir son arsenal depuis la fin de la guerre civile de 1975-1990. L'armée libanaise a démantelé des centaines de positions militaires du parti au sud du fleuve Litani, mais la formation détient encore des armes au nord de cette ligne et refuse jusqu'à présent de rendre son arsenal, comme le réclame la communauté internationale, États-unis et Israël en tête.
Diodato Abagnara s’est ensuite rendu au palais Bustros pour une « visite de courtoisie » auprès du ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, à l’occasion de sa prise de fonctions, indique l'Agence nationale d'information (Ani, Officielle). Les deux parties ont réaffirmé « l’importance du rôle joué par les Casque bleus dans le Sud du pays », ainsi que l’attachement de Beyrouth « au renouvellement de son mandat dans le cadre des missions définies par les résolutions du Conseil de sécurité ».
Les visites du nouveau chef des Casques bleus s'inscrivent à l'heure où le mandat de la Finul doit être renouvelé d'ici le mois d'août, une procédure qui fait souvent polémique, chaque partie tentant d'amender les fonctions des Soldats de la paix, notamment le Hezbollah en ce qui concerne la liberté de circuler des patrouilles. Cette année, les discussions s'annoncent plus corsées : certains membres du Conseil de sécurité, dont les Etats-Unis, semblent vouloir reconsidérer le mandat de la force onusienne en lui attribuant plus de prérogatives, allant jusqu'à placer la Finul sous le chapitre VII de la Charte de l'ONU, qui permet le recours à la force.
D'autre part, les incidents entre la Finul et des résidents de villages du Liban-Sud où le Hezbollah continue d'être influent, se sont multipliés depuis l'instauration de la trêve. Des convois de Casques bleus sont souvent bloqués ou pris à partie par des habitants leur reprochant de ne pas être accompagnés dans leurs patrouilles par l'armée libanaise.
Mercredi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a reçu la demande libanaise de renouvellement du mandat annuel de la Finul. Il doit désormais la soumettre au Conseil de sécurité. Celui-ci devra trancher la question en août. La lettre libanaise, qui a été envoyée par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères, s’est appuyée sur le même texte que celui adopté l’année dernière pour le renouvellement du mandat, sans y apporter de modification.

