Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil. Photo tirée de son compte X
Le chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, a appelé vendredi soir le Hezbollah, son ancien allié, à « s’engager dans le projet de construction de l’État et à remettre ses armes à l’État », affirmant agir dans « l’intérêt du Liban ».
Dans une interview accordée à la chaîne locale LBCI, le député et gendre de l'ancien chef de l'État, Michel Aoun, a estimé que depuis la signature de l’accord de cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, « il aurait fallu entamer un processus de limitation des armes et les remettre à l’État ». Or, « ce processus sérieux de remise des armes n’a jamais vraiment commencé », affirme-t-il.
Ces déclarations interviennent alors que l’État libanais tente de reprendre le monopole des armes via un dialogue conduit depuis Baabda avec la milice chiite. Dans le même temps, d’autres forces politiques appellent à un calendrier clair de désarmement – une exigence que le groupe pro-iranien continue de rejeter.
« Lorsque le président Joseph Aoun a pris à sa charge la question de la remise des armes, il n’a rien pu changer. Il n’y a pas eu de dialogue sérieux » avec le Hezbollah, a encore dénoncé M. Bassil. « Tous les Libanais ont payé le prix de la présence des armes du parti. C’est pourquoi ces armes doivent bénéficier à l’État libanais et non à l’Iran. Le dialogue doit être décisif et non un simple moyen de gagner du temps », a-t-il poursuivi, insistant sur le fait que « l’État doit tirer parti des armes du Hezbollah au lieu de les détruire ».
Sorti très affaibli de la guerre qui l’a opposé pendant plus d’un an à Israël, après l’ouverture d’un front de soutien au Liban-Sud, le Hezbollah reste réticent à toute discussion sur son arsenal. Cela alors que la déclaration ministérielle s’est engagée à lutter contre toutes les armes illégales, y compris celles présentes dans les camps palestiniens, et à garantir aux forces légales le monopole de l’usage de la force.
La trêve entre les deux belligérants, entrée en vigueur le 27 novembre 2024 pour mettre fin à plus d'un an de guerre, prévoit notamment un retrait israélien progressif des villages occupés au Liban-Sud, permettant à l’armée libanaise de se déployer dans des zones autrefois sous influence du parti-milice. L’armée israélienne maintient encore toutefois cinq positions qu’elle considère comme stratégiques. De son côté, le Hezbollah affirme que les dispositions du cessez-le-feu relatives au désarmement ne concernent que la zone située au sud du fleuve Litani.
Par ailleurs, M. Bassil a abordé la « guerre de 12 jours » opposant Téhéran à Tel-Aviv et la non-implication du Hezbollah, allié de l’Iran, un scénario longtemps redouté par la majorité de partis et de l'opinion libanaise. « L’Iran a su se défendre sans recourir au Hezbollah. Preuve que les armes de celui-ci ne peuvent dissuader Israël, ni sur le plan interne ni régional. Il est donc nécessaire que la mission de défense revienne à l’État libanais », a-t-il encore dit.
Enfin, le chef du CPL a vivement critiqué le gouvernement de Nawaf Salam, dont sa formation ne fait pas partie, accusant ce dernier d’inaction : « Il n’a aucune volonté de réforme. Aucun projet de loi réformiste n’a été adopté depuis 2019, à l’exception de la levée du secret bancaire – et encore, ce n’est que grâce à la pression extérieure qu’il a été voté dans sa forme actuelle », a-t-il conclu.



Il existe encore lui ?
13 h 42, le 28 juin 2025