Des policiers quittent le tribunal de district de Stockholm, le 4 juin 2025, où le procès du djihadiste suédois Osama Krayem, accusé de crimes de guerre pour son rôle dans l'assassinat en 2014 d'un pilote jordanien brûlé vif en Syrie, s'est ouvert dans une salle de sécurité du tribunal. Photo AFP/JONAS EKSTROMER
Le jihadiste suédois Osama Krayem n'a montré ni empathie ni regret lors de son procès à Stockholm pour sa participation présumée à l'exécution d'un pilote jordanien brûlé vif dans une cage en Syrie, a dénoncé jeudi l'avocat de la partie civile.
Le tribunal suédois est le premier, et le seul, à juger ce suspect pour ce meurtre barbare qui avait provoqué un tollé international en 2015. Le procès a débuté le 4 juin et la perpétuité a été requise contre Osama Krayem.
Le jihadiste de 32 ans, déjà condamné pour les attentats de Paris et Bruxelles, a gardé le silence pendant toute la durée des audiences. Une sélection d'interrogatoires filmés et écrits, versés au dossier d'instruction, ont été lus et diffusés pendant le procès.
« Pour qui chercherait de l'empathie dans son récit doit chercher ailleurs. Il n'y a pas la moindre trace de réflexion, de remords ou de culpabilité », a dit lors de sa plaidoirie Mikael Westerlund, avocat de la partie civile.
« La plupart des personnes qui auraient été témoins de ce que Muath (Al-Kasasbeh, le pilote, ndlr) a subi auraient sans doute besoin d'un traitement à vie – ou du moins long – pour surmonter le traumatisme que cela provoque chez un individu normalement constitué », a-t-il ajouté. « Mais Krayem, lui, ne semble pas avoir été traumatisé, mais inspiré. Inspiré à poursuivre son entreprise terroriste, ce qui l'a conduit à participer puis à être condamné pour des actes terroristes en Europe ».
Le Suédois a été condamné à 30 ans de prison pour complicité lors des attentats de Paris en 2015 et à perpétuité en Belgique pour les attentats dans le principal aéroport de Bruxelles, et dans le métro en 2016.
La défense a souligné, elle, la « faiblesse » des preuves avancées par le parquet, notamment sur le rôle joué par Osama Krayem dans l'exécution du pilote jordanien.
Des experts et un autre jihadiste, l'ancien Britannique Alexanda Kotey, absent au moment des faits, ont été entendus sur l'appartenance de M. Krayem à une unité d'élite de l'Etat islamique (EI), responsable de la mise en scène de la mort du pilote.
« Le fait qu'Osama Krayem soit la seule personne pouvant être poursuivie en justice — les autres étant, selon toute vraisemblance, décédés — rend la tâche encore plus difficile et délicate pour la défense. Il n'y a personne qui puisse venir appuyer les déclarations de mon client », a dit son avocate Petra Eklund.
Osama Krayem a assuré n'avoir passé que 15 à 20 minutes sur les lieux de l'exécution, sans savoir ce qui allait se passer, avant d'apercevoir les caméras.
Dans une vidéo publiée le 3 février 2015 mettant en scène l'exécution, Muath Al-Kasasbeh, le visage tuméfié et en uniforme orange, est placé dans une cage métallique. La cage est ensuite incendiée par l'un des treize combattants, entraînant la mort du pilote.
Le tribunal de Stockholm rendra son verdict le 31 juillet à 11H00.


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