De jeunes Tunisiennes brandissant des drapeaux palestiniens en accueillant le convoi "Soumoud" à Tunis, le 9 juin 2025. Photo AFP
Les organisateurs de la marche internationale en direction de la frontière égyptienne avec la bande de Gaza ont affirmé mardi que trois participants ont été enlevés par des agents en civil au Caire, dans un contexte de détentions arbitraires, d'expulsions et de violences attribuées aux forces de sécurité.
Lancée ce mois-ci, la « Marche mondiale vers Gaza » a réuni plus de 4 000 militants venus de plus de 80 pays dans le but de se rendre pacifiquement au point de passage de Rafah et d’attirer l’attention sur l’aggravation de la crise humanitaire dans la bande de Gaza. Depuis leur arrivée en Égypte, près de 200 participants ont signalé avoir subi des interrogatoires à l’aéroport, des expulsions et des agressions physiques les empêchant d’accéder à la péninsule du Sinaï, seule voie terrestre menant à Gaza.
Dans un communiqué publié mardi, les organisateurs ont indiqué que trois activistes internationaux avaient été emmenés de force lundi dans un café du Caire par des agents en civil non identifiés. Les ministères égyptiens de l’Intérieur et des Affaires étrangères n’ont pas immédiatement réagi à ces accusations.
Les personnes concernées sont Jonas Selhi et Hozeifa Abouserriya, tous deux de nationalité norvégienne, ainsi que Seïf Aboukechek, un ressortissant espagnol d’origine palestinienne et l’un des organisateurs de la marche. Selon le témoignage de Selhi, les trois hommes ont eu les yeux bandés, ils ont été roués de coups et interrogés. Il affirme que Seïf Aboukechek a été soumis à des violences particulièrement graves. Son sort demeure inconnu à ce jour, tandis que Jonas Selhi et Hozeifa Abouserriya ont été expulsés vers la Norvège, ont précisé les organisateurs.
Deux sources de sécurité égyptiennes ont affirmé qu’aucun détenu n’avait été maltraité, tant qu’il respectait les procédures et instructions de sécurité avant l’expulsion. Elles ont indiqué qu’environ 400 personnes avaient été expulsées, et qu’une trentaine d’autres restaient en attente de renvoi, et sont actuellement retenues.
« Nous appelons les autorités égyptiennes à libérer immédiatement Seïf Aboukechek ainsi que tous les autres participants arrêtés », ont déclaré les organisateurs, ajoutant que toutes les activités prévues depuis l’Égypte étaient désormais suspendues.
Le ministère égyptien des Affaires étrangères avait précédemment souligné que tout déplacement vers la zone de Rafah nécessitait une autorisation préalable pour des raisons de sécurité. Les organisateurs affirment avoir tenté de se conformer à ces procédures.
Cet article est une traduction d'une dépêche de l'agence Reuters.


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