Le roi Abdallah II de Jordanie accueillant le président libanais, Joseph Aoun, à Amman, le 10 juin 2025. Photo X / @LBPresidency
Le président libanais Joseph Aoun a entamé mardi une visite officielle en Jordanie, où il s'est entretenu avec le roi Abdallah au palais Basman à Amman. Cette visite s’inscrit dans un contexte régional marqué par de nombreuses crises, notamment la guerre à Gaza et les tensions qui y sont liées.
Au cours de ce sommet, les deux dirigeants ont réaffirmé « l’importance de renforcer les relations libano-jordaniennes et de poursuivre leur développement afin de servir les intérêts communs, les causes arabes et d’assurer la stabilité régionale », selon un communiqué de la présidence libanaise. Ils ont également insisté sur la nécessité « de renforcer la coordination et la concertation autour des dossiers régionaux majeurs, en particulier la recherche de solutions politiques aux crises qui affectent la région ». Ils ont tous les deux rejeté les projets de déplacement des Palestiniens, insistant sur « la nécessité d’intensifier les efforts arabes et internationaux pour parvenir à une paix juste et globale fondée sur la solution à deux États ».
S’agissant du Liban, Joseph Aoun a réitéré son engagement « à appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, tout en dénonçant la poursuite des agressions israéliennes contre les villages du Sud et la banlieue-sud de Beyrouth ». Le roi Abdallah II a pour sa part affirmé que la Jordanie soutient fermement le Liban « dans ses efforts pour préserver sa sécurité, sa stabilité, sa souveraineté et l’unité de son territoire ».
Investissements bilatéraux
Le communiqué du palais royal jordanien souligne aussi l’importance « d’accroître les échanges commerciaux et les investissements bilatéraux, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’électricité et des infrastructures ». Sur le plan humanitaire, les deux dirigeants ont appelé à un « arrêt immédiat de la guerre à Gaza » et à garantir « le flux suffisant d’aide humanitaire dans toutes les régions de l'enclave », réaffirmant leur rejet de tout plan de déportation des Palestiniens.
Le roi Abdallah II a mis en garde contre « la gravité de l’escalade sans précédent visant les Palestiniens en Cisjordanie et les lieux saints musulmans et chrétiens de Jérusalem ». Les discussions ont aussi porté sur la situation en Syrie, et les deux dirigeants se sont accordés sur « l’importance de préserver la sécurité et la stabilité dans ce pays afin de faciliter le retour volontaire et sûr des réfugiés ».
Le président Aoun a salué « le rôle joué par la Jordanie dans le soutien au Liban et à son armée », soulignant l’importance de « renforcer la coopération sécuritaire et militaire entre les deux pays, notamment dans la lutte contre le terrorisme et la contrebande ».
Unifier les efforts arabes
Le président libanais est arrivé mardi à Amman et a été accueilli à l'aéroport par le monarque hachémite. « Le président de la République est arrivé à l'aéroport militaire de Marka, en Jordanie, où il a été reçu par le roi Abdallah II », avait indiqué la présidence sur X. À son arrivée, il a remercié Amman pour son soutien et sa solidarité « dans les moments difficiles ». « Cette visite intervient à la lumière de la nécessité croissante d'unifier les efforts arabes pour faire face aux crises communes, aux dangers du terrorisme et de l'extrémisme, et pour maintenir la sécurité et la stabilité dans nos pays », a ajouté le chef de l'État.
Plus tôt dans la journée, au départ du chef de l’État, Baabda avait indiqué que M. Aoun aura une « réunion au sommet » avec Abdallah II, suivie de « discussions élargies impliquant les délégations officielles du Liban et de la Jordanie », notamment sur les relations bilatérales et les développements régionaux.
Depuis son accession au pouvoir, Joseph Aoun multiplie les déplacements dans les capitales arabes, soucieux de refaire rentrer le Liban dans leur giron, dans un contexte marqué par l'affaiblissement du Hezbollah et de l'influence iranienne dans le pays du Cèdre, après une guerre de près de treize mois contre Israël, ayant considérablement affaibli la puissance militaire du parti chiite. En visite à Bagdad le 1 er juin, il a appelé à l'établissement d'un « marché commun » entre les pays arabes.
Joseph Aoun et le roi de Jordanie avaient notamment échangé en avril dernier, dans le cadre d'une enquête sur un réseau lié aux Frères musulmans qui aurait planifié des attaques dans le royaume hachémite, après l'entraînement de certains de ses membres au Liban.


