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Politique - Liban

Sécurité, réformes, économie : Salam dresse le bilan des 100 jours de son gouvernement

Malgré les obstacles, la détermination reste intacte, a assuré le Premier ministre annonçant notamment que « l’armée a démantelé plus de 500 sites militaires au sud du Litani ».

Le Premier ministre Nawaf Salam à Baabda, s'exprimant le 5 juin 2025 depuis le Grand Sérail. Capture d'écran.

À l’occasion du 100e jour depuis l’obtention de la confiance parlementaire par son gouvernement, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a dressé un premier bilan de son action, insistant sur la volonté de son équipe de mettre en œuvre les réformes nécessaires malgré les nombreux obstacles.

« Je tiens à vous assurer de notre détermination à mettre en œuvre notre programme, malgré les obstacles et les difficultés sur notre chemin », a déclaré M. Salam dans une allocution télévisée, prononcée à la veille de la fête de l'Adha.

Rappelant la gravité de la situation à son arrivée au pouvoir, dans un pays miné par « cinq années de crises aggravées par l'agression israélienne », le chef du gouvernement a souligné que « le salut » du Liban « n’est pas possible sans un véritable processus de réforme, pour fonder un État moderne, regagner la confiance des Libanais, des pays arabes et de la communauté internationale, et parvenir à une reprise économique et sociale durable ». 

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Ce que le gouvernement Salam a accompli en 100 jours

Démantèlement de plus de 500 positions militaires

Au niveau sécuritaire, M. Salam a assuré que « l'État poursuit sa mission, comme prévu par l’accord de Taëf, pour étendre son autorité sur l’ensemble du territoire libanais et réserver les armes aux institutions légales ». « L’armée libanaise a jusqu’à présent démantelé plus de 500 sites militaires au sud du Litani », a-t-il dit.

Le chef du gouvernement a cependant averti : « Nous ne pourrons atteindre la stabilité tant que les violations israéliennes persistent, que l’occupation de certaines de nos terres continue, et que nos prisonniers ne sont pas libérés. » « Nous continuerons à faire pression pour un retrait total d’Israël, conformément à la résolution 1701 de l'ONU, pour reconstruire ce qui a été détruit et permettre le retour digne de nos habitants déplacés », a-t-il assuré.

Il a aussi indiqué que l’autorité de l’État a été renforcée à l'aéroport de Beyrouth. « Nous avons opéré des changements administratifs, techniques et sécuritaires, supprimé les images partisanes, et arrêté ceux qui ont agressé les forces de la Finul », la Force intérimaire des Nations unies au Liban, a souligné M. Salam. 

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Concernant la frontière syro-libanaise, il a indiqué avoir mis en place avec Damas des comités conjoints pour «contrôler les frontières, lutter contre la contrebande et préparer la délimitation», des frontières. Le chef du gouvernement a également affirmé travailler avec les autorités syriennes et les instances internationales pour assurer un « retour digne et sécurisé des réfugiés syriens ».

« Contre l’idée même de l’annulation des dépôts »

Sur le plan économique, Nawaf Salam a défendu une approche fondée sur la transparence et la restauration de la confiance. « Nous avons levé le secret bancaire (...) et approuvé le projet de loi de restructuration du secteur bancaire, a-t-il rappelé. Notre vision économique n’est pas fondée sur des illusions, mais sur la correction des erreurs passées et la réforme de notre système financier et bancaire.

Il a ajouté que le gouvernement finalisait une loi concernant la répartition des pertes, qui est « essentielle pour rendre justice et récupérer les dépôts des citoyens ». 

À ce propos, M. Salam a martelé : « Je le répète clairement : je suis contre l’idée même de l’annulation des dépôts. C’est une position éthique, constante et sans ambiguïté ». « Notre objectif n’est pas de détruire les banques, mais de réhabiliter un secteur sain, au service de l’économie et des gens », a-t-il ajouté.

Les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) « avancent sérieusement », a-t-il affirmé. « Le FMI n’est ni un ennemi ni un sauveur, mais un outil que nous devons utiliser avec discernement ». 

Réformes institutionnelles : « Laissez la justice faire son travail »

M. Salam a rappelé que plusieurs réformes institutionnelles sont cours, ses priorités étant de « restaurer la crédibilité de l’administration et renforcer l’indépendance de la justice ». Il a dans ce cadre rappelé que le gouvernement a adopté un projet de loi sur l’indépendance du pouvoir judiciaire et qu'une initiative pour accélérer les procès des détenus dans les prisons libanaises, notamment à Roumié, a été lancé. Il en a profité pour réaffirmer la nécessité de relancer l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth. « Laissez la justice faire son travail », a-t-il dit.

Il a aussi mentionné l’instauration d’un nouveau mécanisme de recrutement dans le secteur public, basé sur « la transparence et le mérite », ainsi que la nomination de nouveaux membres à la tête du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR).

Le Premier ministre a aussi évoqué la lutte contre la corruption dans les biens publics, avec notamment « la suspension des extensions illégales des carrières »

Reconstruction et avenir

En matière de reconstruction, Nawaf Salam a annoncé l’obtention d’un prêt de 250 millions de dollars de la Banque mondiale et le lancement de projets avec les agences de l’ONU, d’une valeur supérieure à 350 millions de dollars pour le Sud.

Il a conclu en annonçant deux événements majeurs : « Dans les mois à venir, nous organiserons une conférence internationale pour la reconstruction, ainsi qu’une autre pour attirer les investissements. »

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Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de renforcer l’ancrage régional du Liban, rappelant que « le président a effectué plusieurs visites à l’étranger pour replacer le Liban sur la carte régionale et internationale. Pour ma part, j’ai visité l’Arabie saoudite, la Syrie, les Émirats arabes unis, et j’ai représenté le Liban au sommet arabe de Bagdad. Ces démarches visent à relancer notre rôle dans notre environnement arabe et à ouvrir une nouvelle page de coopération constructive. »

Il a aussi cité notamment « une stratégie touristique pour encourager le retour des visiteurs, en particulier ceux des pays du Golfe ».

Services publics : « Ce que nous faisons n’est pas un exploit »

Dans le domaine des services publics, le chef du gouvernement a évoqué plusieurs objectifs, parmi lesquels « réformer le secteur de l’électricité, avec un plan pour la production, la distribution et les énergies renouvelables », ainsi qu’un effort pour « améliorer la qualité des télécommunications ». Il a aussi annoncé « un financement additionnel pour le programme Aman, qui bénéficie aujourd’hui à près de 800 000 personnes vulnérables », Le gouvernement, a-t-il ajouté, travaille aussi à « une solution durable pour les salaires, pensions et retraites des fonctionnaires ».

Côté politique, Nawaf Salam s’est félicité de l’organisation, « pour la première fois en neuf ans, des élections municipales et locales en toute neutralité », ainsi que du lancement des préparatifs pour les prochaines élections législatives.

Le Premier ministre a, par ailleurs, mis en avant des projets de croissance « fondés sur le soutien à l’agriculture, à l’industrie, au numérique, à la culture et à l’éducation ». Il a rappelé la réhabilitation en cours de la Cité sportive Camille Chamoun, et insisté sur le développement de « toutes les régions du pays de manière équilibrée». « J’ai moi-même visité le Sud, la Békaa, le Nord, et relancé le projet de l’aéroport René Moawad à Qlayaat », a-t-il dit, précisant qu’un plan directeur est en cours d’élaboration, suivi d’une étude de faisabilité.

« Ce que nous faisons n’est pas un exploit, mais le minimum pour regagner la confiance des Libanais et leur redonner une vie digne, a assuré M. Salam. C’est notre devoir, et nous l’assumerons jusqu’à la dernière minute. Comme durant ces 100 premiers jours, rien ne nous fera reculer dans notre mission de réforme, et nous continuerons à œuvrer pour sauver le Liban. »

À l’occasion du 100e jour depuis l’obtention de la confiance parlementaire par son gouvernement, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a dressé un premier bilan de son action, insistant sur la volonté de son équipe de mettre en œuvre les réformes nécessaires malgré les nombreux obstacles.« Je tiens à vous assurer de notre détermination à mettre en œuvre notre programme, malgré les obstacles et les difficultés sur notre chemin », a déclaré M. Salam dans une allocution télévisée, prononcée à la veille de la fête de l'Adha.Rappelant la gravité de la situation à son arrivée au pouvoir, dans un pays miné par « cinq années de crises aggravées par l'agression israélienne », le chef du gouvernement a souligné que « le salut » du Liban « n’est pas possible sans un véritable processus de...
commentaires (3)

Commencez par desarmer les barbus!!!!!!!

Robert Moumdjian

12 h 11, le 06 juin 2025

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Commentaires (3)

  • Commencez par desarmer les barbus!!!!!!!

    Robert Moumdjian

    12 h 11, le 06 juin 2025

  • Monsieur le premier ministre, vous avez fait plus en 100 jours que vos prédécesseurs en plusieurs décennies. Courage, il vous en faudra !

    KHL V.

    10 h 19, le 06 juin 2025

  • BLA BLA BLA… La mollesse est essentiellement votre principale action… Le désarmement au dessus du litani ?? Alors?? On attend qu’Israël fasse ce que NOTRE ARMÉE LIBANAISE aurait dû faire ???

    LE FRANCOPHONE

    10 h 00, le 06 juin 2025

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