Le président Joseph Aoun recevant l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, et la coordinatrice spéciale de l'ONU pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, le 29 mai 2025 à Baabda. Photo présidence libanaise.
Le président Joseph Aoun a déclaré jeudi que la question des réfugiés syriens est une priorité absolue pour le Liban, qui a été discutée avec les dirigeants syriens, en particulier après que Washington a levé les sanctions à l'encontre de Damas, une mesure qui constitue un « point d'entrée pour le retour des réfugiés avec la relance de l'économie syrienne ».
Ces propos ont été tenus lors d'une réunion au palais de Baabda entre le chef de l'État, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, et la coordinatrice spéciale de l'ONU pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert.
M. Pedersen a informé M. Aoun de la situation en Syrie et du travail de l'ONU dans ce pays, rapporte l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). La conversation a également porté sur la situation à la frontière et sur les réfugiés syriens au Liban.
La majorité des quelque 1,5 million de réfugiés syriens au Liban ont fui la guerre civile dans leur pays, qui a fait des dizaines de milliers de morts à partir de 2011. Depuis l'éviction du dictateur Bachar el-Assad en décembre 2024 par une coalition de forces de l'opposition dirigées par des islamistes, des centaines de milliers de réfugiés syriens sont rentrés chez eux, dont environ 400 000 viennent des pays voisins, y compris le Liban. Cependant, des milliers de Syriens ont à nouveau fui vers le Liban, suite à des massacres perpétrés contre la communauté alaouite au mois de mars.
Le président Aoun a également exposé les résultats des contacts établis avec les nouveaux dirigeants syriens, qu'il s'agisse des réunions avec le président intérimaire Ahmad el-Chareh ou de la visite du Premier ministre Nawaf Salam à Damas et des réunions des comités ministériels et des délégations militaires qui ont discuté de la coordination des mesures de sécurité et de la situation à la frontière.
Le chef de l'État a ajouté que la frontière entre les deux pays était maintenant calme et que les incidents survenus au cours de la période précédente avaient été réglés.
Ces derniers mois, la Syrie et le Liban ont entamé des discussions sur la délimitation de leur frontière terrestre, qui est poreuse et ouverte aux trafics. Des affrontements, qui seraient liés à des opérations de contrebande, ont opposé les forces de sécurité syriennes et des membres libanais de « clans chiites » vivant près de la frontière.
En ce qui concerne la frontière du Liban avec Israël, M. Aoun a fait part à M. Pedersen des mesures prises par l'armée pour se déployer au sud du fleuve Litani en application de la résolution 1701 de l'ONU, notant que l'occupation par Israël de cinq collines au Liban-Sud, la poursuite des attaques israéliennes et la question non résolue des prisonniers libanais entravent l'achèvement du déploiement de l'armée.
M. Aoun a enfin indiqué qu'il poursuivait ses contacts avec les parties arabes et internationales afin de faire pression sur Israël pour appliquer les termes de l'accord de cessez-le-feu, permettant ainsi à l'armée libanaise de remplir sa mission de déploiement.
Malgré cet accord conclu en novembre 2024, après plus de 13 mois de guerre entre le Hezbollah et Israël, l'Etat hébreu mène des frappes quasi-quotidiennes au Liban-Sud et continue d'occuper cinq zones à l'intérieur du territoire libanais.


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