Cette photo prise depuis une position dans le sud d'Israël, à la frontière avec la bande de Gaza, montre des bâtiments détruits dans le territoire assiégé, le 27 mai 2025. Jack Guez/AFP
Six cents jours après le début de la guerre à Gaza, le bilan humain et matériel est accablant. Des dizaines de milliers de morts, la majorité de la population déplacée pour la énième fois, des destructions d'une ampleur sans précédent. La reprise de la distribution de l’aide humanitaire est insuffisante pour combler les besoins face à la famine qui guette, d’autant qu’Israël tente de la contrôler à travers la Gaza Humanitarian Foundation – qui a fait un début chaotique mardi. Alors qu'un cessez-le-feu semble encore hors de portée malgré l'intensification des pressions diplomatiques, l'armée israélienne poursuit son offensive et prévoit d'occuper jusqu'à 75 % du territoire d’ici à deux mois.
Des dizaines de milliers de morts et de blessés
Depuis la reprise de l’offensive israélienne le 18 mars 2025, rompant un cessez-le-feu conclu en janvier, 3 901 Palestiniens ont été tués et 11 088 blessés, selon le ministère de la Santé à Gaza.

Destruction de logements et d'infrastructures essentielles
Déjà en décembre 2024, une évaluation de l’Unosat, le centre satellite des l'ONU, faisait état de dégâts sur 69 % de la totalité des bâtiments de Gaza, soit plus de 170 000 structures endommagées.
Dans le secteur agricole, plus de 80 % des terres sont endommagées , et près de 78 % sont devenues inaccessibles. Plus de 70 % des serres et 82 % des puits agricoles ont été détruits.

Secteurs médical et éducatif
Le système de santé à Gaza est en état d’effondrement. Selon l’OMS, l'Organisation mondiale de la santé, 43 % des médicaments essentiels, 64 % des fournitures médicales et 42 % des vaccins étaient à des niveaux de stock nuls au 26 mai 2025. Plus de 50 camions de l’agence sont actuellement en attente d’autorisation pour entrer dans l’enclave.
Le ministère palestinien de l’Éducation rapporte, pour sa part, que plus de 13 677 élèves ont été tués et 21 897 ont été blessés depuis le 7 octobre 2023. Le ministère a également noté que 663 enseignants et administrateurs ont été tués et 2 825 blessés. Des experts de l’ONU s’inquiètent d’une destruction systémique du système éducatif palestinien, évoquant un possible cas de « scholasticide ».

Opérations militaires et plans de déplacement
Dans le cadre de son opération « Chariots de Gédéon », Israël entend occuper jusqu’à 75 % de la bande de Gaza. Selon plusieurs sources israéliennes, ce plan implique une avancée militaire progressive et une réorganisation forcée de la population civile. Trois zones sont désormais désignées comme « humanitaires » : la ville de Gaza, les camps du centre et le secteur côtier d’al-Mawassi, qui abrite déjà quelque 700 000 Palestiniens, dont près de la moitié ont fui les bombardements à Rafah. Tandis que le centre concentre environ 350 000 déplacés, un million d’autres se trouvent encore dans le nord de l’enclave, où les frappes se poursuivent.



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